Marcourt nous chante l’internationale

Des formations à l’étranger obligatoires pour tous les étudiants et pour les profs, c’est ce dont parle la note rédigée par le ministre socialiste et récemment approuvée par le gouvernement de la Région wallonne et celui de la Communauté française.

Le texte qui s’inscrit dans le programme-cadre Creativa Wallonie visant à promouvoir la société de la créativité à travers l’éducation formelle et non formelle, suggère de favoriser l’internationalisation et l’expérientialisation dans l’enseignement supérieur.

Internationalisation des profs. Jean-Claude Marcourt, ministre de l’Economie en Wallonie, également ministre de l’Enseignement supérieur en Communauté française, prévoit de soumettre « une proposition de réglementation contraignante (…) aux recteurs qui, pour l’accès aux charges d’enseignement, établira un dispositif requérant des candidats à une charge de professeur ordinaire, qu’ils justifient d’une expérience internationale significative dont, dans certains cas, une part substantielle suppose la pratique d’une langue étrangère. » En clair, pour accéder à l’ultime échelon de la carrière académique, le professeur n’ayant pas fait ou ne souhaitant pas effectuer de stage à l’étranger devra faire tintin.

Du côté des universités, on rappelle que ce type de formation ne serait pas nécessairement un gage de qualité.

Michaël Verbauwhede a déclaré à ce sujet : « la FEF ne voit pas en quoi une formation à l’étranger a nécessairement des vertus pédagogiques pour les professeurs. » Et d’ajouter : « En revanche, on perce à jour son obsession du ranking ».

Internationalisation des étudiants. Erasmus obligatoire pour tous, si possible en langue étrangère. C’est ce que recommande la note. Une idée qui choque M. Verbauwhede : « pourquoi rendre le séjour obligatoire pour les étudiants quand on sait qu’Erasmus et les stages sont déjà marqués socioéconomiquement ? »

Mais où est le choix de l’étudiant ? Et pourquoi un étudiant qui s’intéresserait à l’Histoire de la cité de Dinant devrait-il aller à l’étranger ? Et s’il ne le souhaite pas ? Ou encore comment fera-t-il pour payer ses études et cette formation à l’étranger ? La note est claire à ce sujet : « Cette mesure doit pouvoir se déployer progressivement à partir de la rentrée 2011-2012 et sortir ses pleins effets en 2015, en veillant à préserver voire à renforcer la démocratisation des études conformément à l’engagement du Ministre de l’Enseignement supérieur dans ce domaine. »

Le coût des études est un problème que rencontre déjà les étudiants. Obliger à accomplir une formation à l’étranger, c’est plomber d’avantage un budget qui est déjà suffisamment lourd pour les étudiants et leur famille.

A noter: La FEF a déjà réagi dans le journal Le Soir de ce samedi13 novembre 2010. Article « Séjour à l’étranger pour tous? » de F. Voogt.