Médecine: Fef/Unécof/CIUM en front commun

Le C.I.U.M., la FEF et l’Unécof sont appelés à répondre au Cabinet de l’Enseignement supérieur sur la question de la réorganisation des études de santé.

Notre position est fondée sur deux valeurs primordiales que sont la liberté d’accès et l’égalité de cursus pour tous.

Tout d’abord, nous tenons à souligner que rien ne contraint l’Etat à modifier la durée du cursus en médecine de 7 à 6 ans. Ni l’Europe, ni la loi belge.

Si ce changement est effectif, nous estimons qu’il faut alors inclure les étudiants dans les travaux de fond. Il faut prendre le temps nécessaire à la réorganisation du cursus pour continuer à assurer une formation de qualité pour les étudiants. Dans cette logique, il est donc fondamental que chaque étudiant puisse avoir accès à un cursus de même durée afin que tous soient sur un même pied d’égalité. Cette réflexion inclut le refus de la mise en place d’une année propédeutique, voire même obligatoire pour certains.

Comme exposé plus haut, l’accessibilité est également un point sensible. Nous refusons tout test contraignant qu’il oblige ou non l’étudiant à s’orienter vers une quelconque année propédeutique. Tout étudiant a le droit d’accéder aux études de son choix, quelque soit l’établissement secondaire d’où il provient et les options qu’il a suivies. Notre enseignement secondaire étant un des plus inégalitaires d’Europe, tout test de ce type correspondrait à un eugénisme académique masquant un écrémage social.

Par ailleurs, il est important également d’aborder la question sous-jacente des non-résidents. Même si nous estimons que chacun a le droit d’entamer les études de son choix où il le désire selon le principe de la libre circulation, il peut être nécessaire de prendre des mesures concernant les non-résidents au vu des lourdes conséquences secondaires à leur formation (à la fois financières car payées en partie avec l’argent de la Fédération Wallonie-Bruxelles et influant sur la pénurie de médecins) . Nous invitons le Cabinet à présenter une piste adéquate, dans le respect de la santé publique en Belgique.

Bien évidemment, ce changement aura également un impact sur l’aide à la réussite. Nos analyses montrent qu’il est possible de mettre en place plusieurs systèmes, à un

niveau local, qui favoriseront la réussite de l’étudiant. En effet, l’organisation de guidances, de cours particuliers et de conseils pédagogiques existent déjà dans certaines facultés et ont démontré leur efficacité. Un test anonyme indicatif non contraignant organisé localement peut fournir à l’enseignant des informations sur son auditoire. L’enseignant pourra alors adapter au mieux son cours. Ce serait donc bénéfique pour l’étudiant.

Une autre piste est intéressante : la mise en place de tests d’évaluation (se rapprochant des évaluations finales de l’année) tout au long de l’année. Cela met l’étudiant en situation d’examen et lui permet d’évaluer son niveau, son évolution, ses lacunes éventuelles.

De plus, un accompagnement pédagogique après la session de janvier pour les étudiants ayant rencontré des difficultés est également souhaité.

Enfin, dernière piste : Une meilleure information en secondaire avec des semaines d’immersion dans le supérieur permettrait à beaucoup d’étudiants de ne pas se tromper de filière une fois dans le supérieur.

Quant à la question de la formation clinique, les critères des maîtres de stage doivent être revus afin d’améliorer l’accessibilité aux places de stages. Actuellement, trop peu sont disponibles tant pour les masters que pour les masters complémentaires.

Pour permettre la réalisation de tous ces objectifs, il est impératif de refinancer les facultés de manière conséquente et modulable d’année en année, afin d’adapter au mieux l’offre à la demande.

Ce refinancement aura l’avantage d’unifier tous les acteurs de la santé (étudiants, doyens, académiques et recteurs). Cette décision aura aussi le mérite de respecter les promesses électorales, les programmes politiques et la Déclaration de Politique Communautaire.

Cette position a été prise à l’unité par les représentants étudiants au niveau communautaire.

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