CHILI : La FEF au congrès de la Confédération des étudiants chiliens (CONFECH)

La CONFECH, c’est quoi ?

La CONFECH réunit les présidents des vingt fédérations universitaires présentes. Lors de la mobilisation de l’année 2011, c’est la CONFECH qui a appelé aux manifestations pour une éducation publique, gratuite et de qualité.

Anémone Hubert, représentante de la FEF au Chili :

« Cette invitation au congrès CONFECH, nous la devons à la fédération des étudiants de l’Université Centrale (FEUCEN). Ce congrès avait plusieurs objectifs. Les leaders étudiants devaient planifier les marches et actions de 2012, les principes refondateurs de la CONFECH et établir un bilan du mouvement étudiant 2012. Comme émissaire, j’ai pu constater que notre fédération était très appréciée à Santiago et dans les milieux étudiants. L’invitation à la CONFECH émanait aussi de Camila Vallejo, vice-présidente FECh (Fédération des étudiants de l’Université du Chili) et leader emblématique.

Le vendredi, jour précédent le congrès, j’ai assisté à une conférence sur les perspectives du mouvement étudiant chilien donné par Gabriel Boric, l’actuel président FECh. Gabriel y expliqua son objectif comme militant du mouvement politique universitaire « gauche autonome » et ce qu’il voulait faire du mouvement étudiant. Pour la nouvelle direction FECh, l’objectif est de transposer la lutte étudiante avec celles en cours, au Chili : mouvement Aysén, mouvement Mapuche, mouvement de Calama. Essayer de trouver des points qui les relient tous et demander un changement en profondeur du Chili. Transformer le mouvement étudiant en mouvement social.

Le samedi, dès 10h, la CONFECH a lancé son congrès. J’ai découvert les leaders étudiants réunis dans un auditoire immense. Le congrès s’organise selon des thèmes précis et les leaders des diverses fédérations réagissent tour à tour. C’est ainsi que j’ai entendu Noam Titelman, président de la Fédération des étudiants de l’Université Catholique (FEUC) réagir. De même que José Ankalao, président de la Fédération des étudiants mapuches (FEMAE). Gabriel était présent aussi, très studieux. De même que Daniela, présidente FEUCEN.

Lors du congrès CONFECH, les fédérations étudiantes les plus écoutées sont la FECh, la FEUC, la FEUSach (Fédération des étudiants de l’Université de Santiago) car ces universités sont les plus anciennes et traditionnelles du pays. Voilà pourquoi, ses présidents sont souvent les porte-paroles des congrès CONFECH- Ceux-ci sont désignés en fin d’assemblée pour parler avec la presse.

Ce samedi, les membres de la CONFECH avaient fort à faire. Le mouvement étudiant chilien repart en  lutte car l’année universitaire vient de démarrer ce mois de mars. Il s’agissait de prévoir les dates des mobilisations. Une date retenue après d’âpres discussions : le 21 avril 2012. Vers 13h, la séance a été levée pour que nous puissions déjeuner. Et dire que tous les weekends, durant les sept mois de luttes, il y avait des sessions CONFECH ! Ces sessions se déroulaient sous une grande pression et étaient épique.

Dans l’après-midi, les membres votèrent l’arrivée d’universités privées au sein de la confédération. Ceci est un grand signal de la part des étudiants chiliens puisque, historiquement, la CONFECH défendait le droit des universités publiques. Ces arrivées signifient que, désormais, le mouvement étudiant ne concernera pas que les universités publiques.

A la fin du congrès, vers 22h, j’ai pris la parole au nom de la FEF. Sous les regards attentifs des dirigeants étudiants, j’ai expliqué notre volonté de soutenir leur lutte, de mieux la connaitre et de renforcer nos liens en vue de coopération mondiale. Je leur ai signalé que leur lutte n’était pas isolée car des mouvements étudiants explosent un peu partout dans le monde. Je citais les cas du Québec et de l’Espagne…  Les membres de la CONFECH ont applaudi chaleureusement et fortement ce discours. L’espace d’un weekend, notre fédération a ainsi pu côtoyer et discuter avec les leaders du mouvement étudiant du Chili. Une coopération étudiante a démarré entre la FEF et la CONFECH, ce 24 mars 2012. Notre lien dépasse les frontières et annonce de grandes choses pour la solidarité étudiante mondiale.

En tant que représentante de la FEF, j’avais été jusque là présente partout : j’ai dénoncé, avec la CONFECH, la non-attribution de lieu d’études pour des étudiants, les répressions des étudiants lors de la marche du 15 mars ; soutenu le mouvement d’Aysén ; participé avec Camila Vallejo à la marche de Calama. J’ai donné trois conférences à l’Université Centrale, portant sur les objectifs de ce voyage au Chili. »