Marcourt rejette la faute sur les étudiants

« Nous allons construire un dossier », c’est ce qu’a répondu Marcourt face au problème d’ inscriptions massives en logopédie. Encore une fois, le ministre se distingue par son manque de proactivité dans des dossiers pourtant récurrents. Pire encore, il ne relève pas un problème fondamental dans ce dossier : le refus illégal d’inscrire un étudiant auxquels sont poussés certains établissements, faute d’un refinancement de l’enseignement supérieur.

Mais cette fois-ci, le ministre de l’Enseignement supérieur a préféré rejeter la faute sur le dos des étudiants. Interviewé dans La Capitale sur son manque d’anticipation de cette situation (04/07/12), il répondra « Sans doute aurions-nous dû l’anticiper, mais il est dommage que les étudiants belges ne soient pas aussi proactifs que leurs homologues français. »

Dans son interview donnée au Soir (04/07/12), le ministre oublie de signaler qu’en Fédération Wallonie-Bruxelles (un Etat membre dans l’Union, selon lui), un étudiant ne peut être refusé pour manque de place (voir notre communiqué de presse). Pire encore, il ne contredit pas le fait qu’un étudiant peut être refusé, sans raison légale, ce qui entraine le risque « de ne pas pouvoir aller étudier la logopédie et de surcroît dans l’établissement dont on a envie ».

La Fédération des Etudiants Francophones se soucie de remettre l’église au milieu du village. Ce n’est pas tant le fait que nombre d’étudiants étrangers viennent s’inscrire en logopédie qui est inquiétant. C’est surtout la difficulté pour les hautes écoles et universités de pouvoir accueillir ces étudiants, malgré un manque de financement latent. Face à l’inactivité du ministre devant un problème pourtant répétitif, les établissements doivent prendre le chemin de l’illégalité et refuser des inscriptions pour des motifs fallacieux (manque de place, manque d’encadrement suffisant, de structures ou par mesures de sécurité).

La FEF, soucieuse que les étudiants puissent avoir accès à un enseignement supérieur public, de qualité, gratuit et accessible à tous, réclame urgemment un financement public de l’enseignement supérieur à hauteur de ses besoins. Ce n’est pas en limitant l’accès des étudiants étrangers en logopédie que les conditions d’accès et d’enseignement s’amélioreront pour les étudiants belges. Le ministre Jean-Claude Marcourt préfère jouer la politique de l’autruche. Il construit des dossiers comme il bâtit des châteaux en Espagne.

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