Logopédie : plusieurs dizaines d’étudiants belges laissés sur le carreau

A quelques semaines de la rentrée dans le supérieur, certaines disciplines rencontrent beaucoup de succès. C’est le cas notamment pour la logopédie. En juin passé, des centaines d’étudiants faisaient la file pour s’inscrire à la Haute Ecole Marie Haps, un des cinq établissements dispensant logopédie en Fédération Wallonie-Bruxelles. Parmi eux, de nombreux Français voulant échapper au concours mis en place pour accéder aux études d’orthophonie (= logopédie).

La cause de cet afflux ? La décision de la Cour constitutionnelle belge, en mai 2011, de lever dans six filières, dont la logopédie, l’application du décret “non-résidents” de 2006. Celui-ci permettait, en effet, de limiter à 30% le nombre d’étudiants étrangers, comme le rappelle La Libre Belgique dans son édition du 21 août 2012.

Les directeurs de Hautes Ecoles concernées attendaient des mesures adéquates des ministres compétents. Ils ont été déçus par la réponse du ministre de l’Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt. En juillet, il a ainsi annoncé qu’il débloquait un budget supplémentaire de 300 000€ à répartir entre les cinq établissements. Comme le rappelait la FEF et le Conseil des Etudiants de la Haute Ecole Léonard de Vinci, dans un communiqué diffusé le 27 août, « cela suffit à peine pour embaucher une personne supplémentaire par établissement. Alors, comment envisager, avec si peu de moyens, de pallier le manque de matériel, de locaux, d’encadrement relatif à cette augmentation du nombre d’étudiants ? »

Face à ce financement insuffisant, la Haute Ecole Marie Haps a fait le choix de refuser des étudiants pour cause de manque de places. La FEF et le CE de la HELdV ont alors rappelé que c’est illégal de refuser une inscription sur ce motif là. La FEF, en collaboration avec Yves Bataille (parent d’étudiant), a d’ailleurs ouvert un service d’aide juridique aux étudiants refusés. Dès le 4 septembre, les étudiants pourront nous contacter par mail (assistant@juriteam.be) ou par téléphone (02/223.01.54). Un modèle de recours individuel est déjà disponible sur le site : http://www.fef.be/aide-juridique/

A ce sujet, les directeurs des hautes écoles concernées rencontraient le cabinet Marcourt, ce vendredi 31 août, à quelques jours de la rentrée. Le cabinet a réaffirmé son intention d’introduire un quota d’étudiants non-résidents l’année prochaine dans la filière de logopédie, submergée par l’arrivée d’étudiants français. Le hic : cette année déjà, les hautes écoles ont bloqué illégalement le nombre de places à 1200, en première année (cf. dépêche Belga du 31/08/12). Quant au montant débloqué, il ne sera pas revu à la hausse. Pour la FEF, l’issue de cette réunion est plus que décevante. Des étudiants belges vont rester sur le carreau, victimes d’une mauvaise gestion ministérielle qui n’aura pas su prévoir un afflux pourtant évident d’étudiants français, pour les causes évoquées plus haut.

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