Victoire étudiante au Québec : la hausse des frais universitaires annulée

Le gouvernement de Jean Charest avait en effet décidé d’une hausse des frais de scolarité, de 82 % sur sept ans (+ 1625$ par année). Les étudiants québécois n’avaient alors pas tardé à descendre dans les rues pour protester par milliers, créant ainsi le Printemps érable.

Le gouvernement Charest sourd malgré le foisonnement de manifestations

Les étudiants québécois ont accompli là un vrai tour de force. Jamais le mouvement étudiant n’a faibli. Au plus fort de la manif, ils étaient 300 000 étudiants dans les rues de Montréal, le 22 mars dernier.

Face au gouvernement Charest qui, en plus de refuser de plier, a mis en place, en mai, la loi 12 – officiellement censée garantir le libre accès aux cours des étudiants non-grévistes –  restreignant le droit de manifester, les étudiants et l’ensemble de la population québécoise ont vu rouge. Rouge comme ce carré de tissu, symbole de la lutte étudiante québécoise et portés par plusieurs milliers de personnes au Québec mais aussi à l’étranger. En Belgique, la FEF a soutenu et co-organisé une action symbolique, le 30 mai, à Bruxelles, en soutien à la lutte étudiante québécoise.

En réponse à la loi 12, les manifestants ont défilé, de nuit, dans les rues de Montréal, à la nuit tombée, à la lumière des lampes de poche et bougies. Ils ont également dénoncé ce silence imposé par le gouvernement en faisant résonner, plusieurs soirs, des casseroles à travers la province du Québec.

Les protestations ont pris fin ce 4 septembre, à l’annonce des résultats des élections législatives. Le Parti Québécois a remporté la majorité des suffrages. Il avait notamment promis de supprimer la hausse des frais universitaires décidée, par le gouvernement sortant.

Pour Camille Robert, co-porte-parole du syndicat étudiant la CLASSE (Coalition large de l’association pour une solidarité syndicale étudiante) : « Si le Parti Québécois décrète aujourd’hui une série de mesures qui répondent à nos revendications, c’est parce que nous avons tenu à nos principes et les avons défendus par une approche combative et rassembleuse »

Annulation de la loi 12, restreignant le droit de manifester

Pauline Marois, élue chef de gouvernement, a annoncé hier : «  Nous abrogeons par décret dès vendredi, les dispositions de la loi 78, la loi 12, concernant l’interdiction de manifester ».

Martine Desjardins, présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). «Collectivement, on vient d’écrire un chapitre de l’histoire du Québec. Collectivement, on vient de prouver qu’on est capable de se tenir debout et d’atteindre une des plus grandes victoires du mouvement étudiant », s’est-elle félicitée.

Prochain défi à relever : combattre le sous-financement de l’enseignement

Pour la FEUQ et la CLASSE, le combat ne s’arrête pas là. Les étudiants dénoncent, depuis longtemps, le sous-financement des universités québécoises. Prochainement, cette question sera débattue lors d’un sommet de l’enseignement supérieur. Les étudiants québécois ont donc encore du pain sur la planche pour enfin avoir un enseignement public, de qualité et accessible à tous.

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