Compte-rendu: La FEF au 83e Congrès national de l’UNEF

La FEF et l’UNEF, deux organisations sœurs

Depuis de nombreuses années, la FEF participe aux Congrès Nationaux de l’UNEF, l’Union Nationale des Étudiants de France. L’occasion pour les deux organisations de partager leurs bonnes pratiques, leurs visions politiques et syndicales et de soutenir leurs combats respectifs. L’occasion également de prendre la parole pour évoquer l’actualité politique en Belgique ou en France, lorsque c’est la FEF qui invite l’UNEF à son université d’été.

En effet, la FEF et l’UNEF entretiennent depuis toujours des relations très proches. Que ce soit d’un point de vue politique, étant donné que leurs visions de l’enseignement supérieur et du contexte sociétal dans lequel celui-ci s’inscrit sont, sur de nombreux points, similaires. Mais également d’un point de vue historique, l’UNEF étant à l’origine de la création de la FEF.

Une délégation de cinq membres du Comité Exécutif de la FEF a donc participé au 83e Congrès National de l’UNEF qui se tenait la semaine passée à Toulouse. Un événement qui a, de par sa nature, un caractère bicéphale. D’une part, il permet à l’UNEF de débattre d’une ligne politique pour les deux prochaines années, mais aussi de rassembler plus de 1.000 militants et militantes, pour continuer à défendre les droits des étudiants. Ce congrès, c’est aussi le moment de faire le point sur les questions d’avenir pour le mouvement étudiant. Pour ce faire, sur un peu moins d’une semaine s’enchaînent des conférences, débats, tables rondes, discours, etc.

Ce congrès est donc ce moment où  l’unité se crée, où les bilans se font et les contradictions se résolvent. D’autre part, il est aussi une tribune pour le mouvement étudiant. L’événement qui, tous les deux ans, annonce la couleur aux responsables politiques, académiques et administratifs. Un impact qu’on peut mesurer aussi bien dans la presse, mais également grâce à la qualité des intervenants (ministres, responsables régionaux,…). Une occasion pour faire le point sur la situation politique…

 

François Hollande n’a pas rempli son contrat

Le 7 mai dernier, pour la première fois depuis longtemps, la France s’est choisie un président socialiste, François Hollande. La campagne de ce dernier était fortement axée sur la jeunesse et son avenir. Mais un an après l’élection de François Hollande à la tête de la République française, le bilan de son mandat n’est pas très fructueux en ce qui concerne l’enseignement supérieur. De nombreuses promesses n’ont pas été tenues et la rentrée 2013 s’annonce difficile si des mesures d’urgence ne sont pas prises.

Ce contrat a pour toile de fond l’allocation d’autonomie, le principal combat de l’UNEF à l’heure actuelle. Une allocation qui permettrait l’émancipation de tous les étudiants, leur assurant une indépendance totale vis-à-vis de leurs parents en leur garantissant une autonomie financière. L’heure n’est donc plus aux rabibochages, l’UNEF souhaite un changement radical de la condition étudiante.

En France, la classe étudiante est la seule catégorie sociale qui n’est pas protégée par les filets de solidarité nationale. Un statut qui la rend d’autant plus touchée par le contexte de crise et force les étudiants, pour 50% d’entre eux, à trouver un job pour payer leurs études. L’UNEF déplore cette situation, qui engendre un taux d’échec de 50% en première année d’étude. Ces résultats représentent un coût pour la société française, un coût qui serait évité sur le long terme si le gouvernement investissait dans sa jeunesse!

Les conclusions du 83e Congrès National de l’UNEF sont claires: François Hollande a une deuxième chance pour honorer son contrat, avec comme deadline : la rentrée 2013. S’il échoue à nouveau, il devra faire face à l’opposition de milliers d’étudiants lui rappelant le projet social qu’il s’était engagé, il y a un an, à mettre en place!

 

Des actions côté à côte

À un moment où l’UNEF se bat également pour améliorer la loi Fiorazzo, ce moment où les promesses du Président ne sont encore que des mots, le syndicat étudiant majoritaire en France annonce ses revendications et les moyens qu’il est prêt à mettre en marche pour la concrétisation de celles-ci. Exercices de consolidation interne et de musculation vis-à-vis des décideurs, les congrès sont des moments forts dans la vie des militants étudiants. L’UNEF a donc montré la force de mobilisation qu’elle détenait sur le terrain, prouvé que les étudiants sont conscients des problématiques de l’enseignement supérieur et qu’ils se sentent concernés et prêts à se mobiliser.

À l’UNEF, comme à la FEF, les étudiants luttent donc côte à côte pour défendre leurs droits. Ils sont unis en criant leur volonté d’obtenir un enseignement accessible à tous, qui redevienne l’ascenseur social qu’il fut autrefois et, enfin, un lieu d’autonomisation et de développement de citoyens responsables actifs, critiques et solidaires. Si l’internationale étudiante n’est pas pour demain, les rencontres et les échanges de pratiques et d’expériences sont déjà présents et renforcés par une solidarité que nous continuerons de cultiver mutuellement dans la lutte étudiante.

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