Manque de financement : les recteurs se cachent derrière la sélection

Vendredi, le recteur de l’UMons a présenté sa position sur le test d’entrée à l’université. Un thème qui reste d’actualité, abordé ces dernières semaines par Bernard Rentier et Itinera Institute, mais aussi sujet de discorde. L’occasion pour la FEF d’avancer ses propres arguments lorsque les autres se détournent du vrai débat : le manque de financement public de l’enseignement supérieur.

En août, Bernard Rentier, recteur de l’Université de Liège exprimait sa volonté de généraliser un test informatif à l’entrée des universités afin d’évaluer le niveau des étudiants et réduire le taux d’échecs en première année. Comme Rik Torfs, recteur de la KUL, il proposait également de réorienter les étudiants vers une autre formation universitaire en cas d’échec à la session de janvier.

Quelques jours plus tard, Itinera Institute avait sorti une étude sur le manque de financement des universités. À cette occasion, Jean Hindrikx, chargé de l’étude, avait fait le rapport entre la démocratisation des études universitaires et la baisse de qualité de celles-ci. Il avait dès lors offert comme solution une sélection à l’entrée et une hausse du minerval afin de diminuer la quantité d’étudiants pour améliorer la qualité de l’enseignement.

Enfin, ce vendredi, Calogero Conti, recteur de l’UMons, s’est prononcé contre la généralisation du test d’entrée non contraignant dispensé actuellement en médecine. Il se pose en faveur d’un accès libre à l’université si l’étudiant, en sortant du secondaire, a atteint un niveau suffisant dans les matières indispensables pour le choix de ses études universitaires.

Face à ces différentes propositions, la FEF recentre le débat et pointe du doigt le vrai problème: le manque de financement public de l’enseignement supérieur. Test d’entrée abusif, hausse du minerval, réorientation précoce,… tant de fausses solutions pour limiter l’accès à l’enseignement supérieur de la manière la plus rapide et la plus violente.

Car si certains désirent orienter la discussion vers ceux qui sont pour ou contre la sélection, la FEF tient à rappeler que ce faux débat risque simplement de nous détourner du vrai problème : le manque de financement public de l’enseignement supérieur. La vraie question reste donc : pour ou contre le financement public de l’enseignement à hauteur de 7% du PIB, dont 2% pour le supérieur, comme le revendique l’Europe ?

Par ailleurs, si les recteurs préfèrent limiter l’accès pour contourner le problème du taux d’échecs et du surnombre d’étudiants en choisissant la facilité, la FEF insiste sur la nécessite de favoriser l’accès à tous, en tenant compte des inégalités du secondaire et en instaurant une aide à la réussite suffisante afin d’améliorer la qualité de l’enseignement supérieur pour tous.

Pour ces raisons, et puisque Bernard Rentier, Calogero Conti et Jean Hindrikx préfèrent parler de la sélection, comme l’arbre qui cache la forêt, la FEF, elle, reste partisane d’une réflexion plus globale sur le refinancement public de l’enseignement supérieur.

 

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