La FEF au niveau européen

Consciente de l’impact des politiques européennes sur l’enseignement belge, et des similitudes qui existent entre les systèmes éducatifs qui y sont subordonnés, la FEF s’est depuis longtemps donné comme mission de travailler avec les autres pays de l’Union Européenne. Ainsi, chaque, année, deux International Officers sont élus pour représenter la Fédération en dehors de la Communauté française. La première découverte de tout International Officer, c’est qu’en ce qui concerne la représentation étudiante européenne, les étudiants francophones ne sont que peu informés. Voici donc un article ayant pour vocation de remédier à ce constat en t’offrant un petit aperçu de notre travail au niveau international!

Bien que l’Union Européenne ne dispose pas de compétences en matière d’enseignement, ce n’est pas pour autant qu’elle est dénuée de toute influence sur les politiques  de ses Etats membres, notamment en leur donnant en leur donnant des lignes directrices à suivre en la matière (le décret Bologne en est un exemple…). En effet, bien que n’ayant pas de compétence en ce qui concerne l’enseignement, elle a beaucoup d’ambition en ce qui concerne l’économie européenne, et voit l’enseignement supérieur comme une clé de réussite de la compétitivité de l’UE sur la scène internationale.

Nos prédécesseurs au sein du mouvement étudiant ont donc essayé de trouver un moyen de faire peser la voix des étudiants au niveau continental.  Ainsi, le 17 novembre 1982, sept syndicats européens ont décidé de créer le Western European Students Information Bureau (WESIB). Après moult changements de structure, l’intégration de nouveaux membres, la redéfinition de ses objectifs, et on vous passe les détails, WESIB se transforma en 2007 en ESU (European Students Union). Ce syndicat étudiant européen fédère actuellement  47 organisations nationales, de 39 pays l’European Higher Education Area (Espace Européen de l’Enseignement Supérieur), représentant plus de 11 millions d’étudiants. Il est chargé de défendre les intérêts des étudiants du continent, en particulier auprès des institutions de l’Union européenne, du groupe de Bologne, du Conseil de l’Europe et de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture.

Quatre fois par an, les représentants des organisations étudiantes membres d’ESU se retrouvent pour débattre, échanger leurs expériences et voter des positions en matière de qualité, de financement, d’accessibilité et d’organisation de l’enseignement supérieur. C’est là que le rôle de la FEF intervient…

Ces évènements sont de deux types : il y a d’abord des European Student Conventions, équivalent de séminaires ayant pour but de débattre de dossiers d’actualité au niveau Européens (tels que la mobilité des étudiants, la qualité des études en Europe, la marchandisation de l’enseignement,…) mais également de préparer les potentielles positions de l’ESU qui sont votés lors des Board Meetings. Ce deuxième type d’évènement, équivaut à l’Assemblée générale du syndicat Européen et a donc pour but de déterminer, après discussions et votes, les lignes politiques de l’ESU.

Afin de rendre cela un peu plus concret, voici quelques exemples de motions ou positions qui ont été votés dernièrement.

Lors du dernier Board Meeting, une position portant sur la gouvernance de l’Union Européenne a été votée. Les principaux points de cette position portent sur l’opposition farouche que les étudiants ont vis-à-vis de la marchandisation croissante de leur l’enseignement, l’instrumentalisation des recherches européennes pour arriver à ses fins ou le fait que l’enseignement doit rester une compétence nationale. Nous nous sommes également entendus sur le fait que la qualité de l’enseignement supérieur doit être absolument promue car elle est d’une importance absolue et on y condamne le fait que la Cour de Justice se permette de se positionner sur des prérogatives qui ne sont pas les siennes, ce qui influe sur la gestion de l’enseignement national, alors que cela ne devrait pas du tout être le cas.

Parmi d’autres positions importantes, figure celle nommée « LGTBQ » (Lesbian, Gay, Transgender, Bisexual and Questioning). C’est la première fois à l’ESU qu’une position concernant le droit des personnes lesbiennes, gays, transsexuelles et bisexuelles a été votée au sein de ce syndicat !. Ce document représente une avancée considérable sur le sujet et cela représente un soutien important qui pourra être utilisé par la communauté étudiante.

De nombreuses motions de soutien ont également été votées lors du dernier Board meeting afin d’apporter notre solidarité à des étudiants en difficulté dans les autres fédérations étudiantes membres de l’ESU. Tout d’abord, ce sont les étudiants hollandais, qui continuent de se battre contre la privatisation de leur enseignement et l’augmentation de leurs frais d’inscription, qui ont été soutenu par ESU. Un deuxième soutien a été voté en faveur des étudiants espagnols demandant que leurs mobilisations contre les coupes budgétaires dans l’enseignement soient entendues. En troisième lieu, les étudiants roumains sont également soutenus par ESU dans leur bataille pour l’application d’une loi instaurant un investissement de 6% du PIB dans l’enseignement. Un autre soutien va aux étudiants islandais qui se démènent pour l’obtention d’une bourse qui leurs permettrait de payer les loyers des logements étudiants. Les étudiants danois ont également été soutenu dans leur opposition contre une nouvelle loi visant à diminuer le temps moyen d’étude des étudiants afin de s’assurer que l’offre de main d’œuvre soit suffisante et que cela se fasse rapidement face à un taux de chômage grandissant. Enfin, un soutien a été accordé aux étudiants ukrainiens qui dénonçaient de fortes violences policières lors de manifestations pacifiques de la population favorable à l’entrée dans l’Union Européenne.

Par ailleurs, participer aux évènements de l’ESU est l’occasion pour nous de faire peser des positions directrices de la FEF au niveau européen ou d’obtenir le soutien d’ESU sur des dossiers qui nous tiennent à cœur. De manière plus générale, le fait d’être membre de ce syndicat européen nous permet également de gagner en légitimité et visibilité au niveau belge. On l’a vu lors de la mobilisation du 17 novembre 2012 (journée internationale des étudiants), la présence et le soutien d’ESU durant notre campagne a permis de donner du poids et un sens à notre mouvement. Notre adhésion à ce syndicat est donc primordiale et notre rôle en tant qu’International Officer consiste à se démener en coulisses pour que notre adhésion nous soit la plus bénéfique possible!

En ce qui concerne le deuxième quadrimestre, le programme sera encore bien chargé ! En effet, nous avons au programme des prochains mois, entre autres, l’organisation de la prochaine European Student Convention qui se tiendra à Bruxelles, ainsi que les élections européennes qui se dérouleront en mai prochain. En ce qui concerne ces élections, nous avons d’ores et déjà défini les différentes revendications que nous porterons…

Internationalement vôtre !

Chloë et Perrine, IO de la FEF

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