#25ans: Sans combat, sans engagement… vraiment?!

Nés dans un pays où les grands combats feraient, selon certains, partie des mythes et légendes du passé, les jeunes belges d’aujourd’hui vivraient « paisiblement » sans combat ou sans engagement. Une position bien loin de la réalité de nombreux étudiants et de jeunes qui s’investissent au quotidien pour des droits qui leur semblent devoir être acquis depuis bien longtemps.

Les jeunes d’aujourd’hui n’ont-ils plus de combat ? Ne serait-ce que dans l’actualité de ces derniers mois, nombreux sont les jeunes qui ont donné de la voix et ont montré leur sensibilité aux mesures qui les touchent, directement ou indirectement.

De manière générale, ces derniers mois, les jeunes ont exprimé leurs opinions à différentes occasions. Prenons tout d’abord les différentes mobilisations contre les Sanctions Administratives Communales. Fin octobre 2013, ils étaient plus de 2.000 à se mobiliser contre l’instauration de cette nouvelle loi. Faisant partie des organisations signataires, la Fédération des Étudiants Francophones a participé à cette mobilisation, dénonçant la sourde oreille des politiques et demandant l’élaboration d’une politique globale élaborée avec les acteurs du secteur de la Jeunesse.

Face à cette loi qui vise directement les jeunes, la FEF reproche le manque de concertation de ceux-ci, l’absence d’évaluation du dispositif déjà mis en place et le côté pervers de cet incitatif pour les communes à utiliser la méthode répressive. Rassemblés en Conseil Fédéral, les étudiants ont donc décidé de se lever contre cette la loi inadaptée et qui stigmatise la jeunesse. Ils demandent la suppression du système des SAC. Soutenus par la FEF, de nombreux conseils étudiants ont également démarché auprès de leur commune pour sensibiliser les mandataires politiques locaux et leur demander le vote d’une motion de non-utilisation des SAC. Enfin, la FEF appelle le gouvernement à entendre la jeunesse pour construire une politique intelligente, élaborée avec les jeunes plutôt qu’à leur encontre.

Plus récemment encore, de nombreux jeunes ont montré leur soutien aux demandeurs d’asile afghans. Encore une fois, les étudiants affiliés à la FEF ont amené le sujet sur la table du Conseil fédéral et ont décidé d’agir. Après discussion, ils ont décidé de voter une motion de soutien au collectif des Afghans. Consciente du rôle non négligeable qu’a joué la communauté étudiante dans le débat sur la politique migratoire de ces dernières décennies, la FEF demande l’élaboration d’une politique claire à ce sujet. Par ailleurs, elle encourage, chaque conseil étudiant et chaque établissement de l’enseignement supérieur à mettre à disposition un local qui permettrait aux sans-papiers afghans de s’organiser politiquement et juridiquement pour poursuivre leurs revendications.

La FEF ne considère pas les étudiants qu’elle représente comme de simples étudiants, mais bel et bien comme des citoyens critiques, impliqués et capables de nourrir le débat au sein de la société civile. Et donc bien conscients des combats qu’ils ont à mener quotidiennement…

Les jeunes sont donc également conscients du rôle qu’ils ont à jouer dans le développement durable. Désireux d’avoir une société respectueuse de l’environnement et d’étudier notamment dans des bâtiments qui cessent d’être des gouffres énergétiques, ils veulent des campus durables avec un audit énergétique des bâtiments, l’insertion du développement durable dans les programmes de cours et dans la recherche pour effectuer la transition vers une société durable.

Pour revenir à leur quotidien, sur le plan engagement, les étudiants agissent également au niveau local. Pour preuve, le record de participation aux élections étudiantes de 2013. Dans les différentes régions du pays, sur les 20 établissements participants, ce sont plus de 500 étudiants qui ont été élus pour représenter leurs camarades. Pour atteindre ce résultat, la FEF compte plus de 27.000 étudiants qui se sont rendus aux urnes. Un chiffre magnifique qui traduit une participation et un engagement étudiant de plus en plus présent dans l’enseignement supérieur pour défendre les droits des étudiants.

Un des combats principaux des représentants étudiants reste la démocratisation de l’enseignement. Que ce soit  les coûts directs ou indirects, le manque d’aide à la réussite ou encore les différences de parcours, les barrières qui se dressent sur le chemin des étudiants sont nombreuses. Les jeunes se battent donc au quotidien pour accéder aux études, les réussir et vivre décemment.

Enfin, en dehors de syndicats étudiants, de nombreux jeunes s’impliquent également au sein de jeunesses politiques, organisations de jeunesse, cercles étudiants, mouvements folkloriques,… En témoignent notamment les 68 membres du Conseil de la Jeunesse récemment élus par près de 2.000 jeunes issus d’organisations de jeunesse, d’universités, de Hautes Écoles, de Maisons de jeunes, etc.

En première ligne face à la crise, les jeunes s’engagent et se battent donc quotidiennement pour leurs droits et pour défendre leurs idées. Que ce soit au travers des jeunesses politiques, des syndicats étudiants ou des organisations de jeunesse, les jeunes en tant que citoyens, responsables, actifs et solidaires,  se mobilisent et donnent de la voix pour faire bouger la société.

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