#25ans: Belges et jeunes, avant tout…

Contrairement à ce que disent certains, les jeunes s’identifient davantage à notre pays que les précédentes générations. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par Bernard Rimé, professeur à l’UCL. Une théorie que confirme la Fédération des Étudiants Francophones à travers les différentes actions nationales que les étudiants belges, du nord et du sud, ont menées ensemble ces dernières années.

En Belgique, l’enseignement est une compétence communautaire, séparant ainsi le sud et le nord du pays. Pourtant, lorsqu’il s’agit de défendre leurs droits, les étudiants et les jeunes comprennent la nécessité de s’unir pour donner plus d’impact à leurs actions. Ensemble, on est plus fort…

Le 17 février 2011, la plateforme « Pas en notre nom », soutenue notamment par la FEF et à la base de plusieurs actions contre la scission du pays et la suppression de la sécurité sociale nationale, organise la célèbre Révolution des Frites. Des milliers de jeunes se sont ainsi rassemblés pour clamer leur refus de rester passifs par rapport à la situation politique de crise que traversait notre pays. Dans les universités et hautes écoles, dans les rues et sur les places, les jeunes ont exprimé leur mécontentement face à la situation. Avec les slogans « La scission? Pas en notre nom! Nous en avons assez! » et « We zijn een ! », de nombreuses associations, comme la FEF et la VVS, cercles et conseils étudiants (FR et NL) et mouvements de jeunesse, ainsi que tous les jeunes désireux de lutter pour une Belgique solidaire, ont participé à ce mouvement national pour rappeler que la division de la Belgique n’apporterait rien de bon aux jeunes et ferait, au contraire, reculer leurs droits et leurs acquis sociaux.

Deux années plus tôt, la FEF a créé la plateforme « Respact ». Son objectif ? Rappeler au gouvernement le respect du Pacte de New-York en diminuant le coût des études, qu’il soit direct ou indirect, pour obtenir un enseignement supérieur qui tend vers la gratuité. Le combat pour la réduction du coût des études dans l’enseignement supérieur ne peut se limiter aux étudiants du supérieur mais doit s’élargir à la société civile afin de faire enfin de l’enseignement un réel enjeu politique. Cette réalité étant partagée au nord comme au sud du pays, plus de 40 organisations partageant les mêmes préoccupations de mener un combat collectif pour la réduction du coût des études ont décidé de se réunir afin de chercher ensemble des solutions avec en ligne de mire la réduction du coût des études nécessaire pour assurer une société réellement démocratique.

Les étudiants belges, au nord comme au sud, travaillent donc sans cesse main dans la main, ne serait-ce que par la présence des bureaux de leur syndicat dans un même bâtiment, facilitant la collaboration. En témoigne la Coordination Nationale, regroupant des délégués étudiants de l’enseignement supérieur francophone et néerlandophone. Ensemble, ils ont réalisé de nombreuses actions dont la journée d’action nationale du 28 mars dernier. Les étudiants francophones et néerlandophones se sont mobilisés autour d’une revendication commune: celle d’un enseignement de qualité pour tous qui passe par un refinancement public de celui-ci.

Dans huit villes différentes, plusieurs milliers d’étudiants belges sont sortis dans la rue pour clamer leur mécontentement concernant les menaces qui pèsent sur l’enseignement dans le contexte de crise et d’austérité de ces dernières années. Cette action nationale a rappelé qu’au-delà de la frontière linguistique et bien au-delà des clichés, les étudiants sont capables de s’unir pour défendre leur vision de l’enseignement. Aujourd’hui, les étudiants poursuivent leurs revendications pour défendre leurs droits, tout en gardant à l’œil, les élections 2014. Et parce que l’enseignement supérieur reste un enjeu national, les étudiants belges continueront de revendiquer d’une seule voix pour se faire entendre du gouvernement et défendre leurs droits.

Enfin, le 17 novembre est la journée internationale des étudiants. L’occasion pour la FEF et la VVS de collaborer, comme cela se fait depuis plusieurs années. En 2013, dans le cadre des prochaines élections, ce 17 novembre était consacré à un congrès national dont l’objectif était de dégager, sur base des mémorandums respectifs de la FEF et de la VVS, des revendications communes soutenues par la base de ces deux organisations: les étudiants francophones et néerlandophones, qui rencontrent les mêmes problèmes des deux côtés de la frontière linguistique. En 2012, la journée internationale des étudiants avait été l’occasion d’organiser un rassemblement international avec les étudiants du sud et du nord du pays, mais également avec des étudiants européens et plusieurs autres organisations de jeunesse. L’objectif était de montrer leur solidarité en front commun et revendiquer l’enseignement comme réponse à la crise à la place des mesures d’austérité prises à répétition par la gouvernement.

Se sentant plus que jamais au cœur du débat, les jeunes et les étudiants ont dénoncé, et dénoncent encore aujourd’hui, les problèmes liés aux coûts, directs ou indirects, des études qui augmentent continuellement et le non-respect de leurs droits. La FEF revendique l’enseignement comme priorité politique, un enseignement de qualité pour tous organisé et financé publiquement et l’augmentation du  financement public à hauteur de 7% du PIB, dont 2 % à l’enseignement supérieur conformément à la recommandation européenne. Les étudiants refusent de considérer l’austérité et les politiques de court terme comme uniques réponses à la crise. Ils revendiquent un projet de société qui vise le long terme et la durabilité par le biais d’un enseignement de qualité pour tous.

Que ce soit à travers ces actions ou de nombreuses autres encore, et bien au-delà de la popularité des Diables Rouges, les jeunes Belges prouvent à de maintes reprises leur attachement à l’identité nationale et l’importance qu’ils accordent à agir côte à côté, à l’unisson, afin de se faire entendre d’un gouvernement qui prend trop souvent ses décisions sans tenir compte de la jeunesse.

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