Campagne: Qualité pour tous et refinancement public de l’enseignement supérieur

La campagne est lancée! Les Conseils Étudiants et la Fédération des Étudiants Francophones revendiquent un enseignement de qualité via un refinancement public. Ensemble, ils dénoncent le définancement chronique dont souffrent  les établissements d’enseignement supérieur. Explications. Depuis les années 70, différentes mesures…

La campagne est lancée! Les Conseils Étudiants et la Fédération des Étudiants Francophones revendiquent un enseignement de qualité via un refinancement public. Ensemble, ils dénoncent le définancement chronique dont souffrent  les établissements d’enseignement supérieur. Explications.

Depuis les années 70, différentes mesures d’austérité s’appliquent aussi à l’enseignement. Avec les sommes allouées aux communautés, c’est directement le budget des établissements qui est mis à mal. Pour ne rien arranger, l’enseignement est financé par enveloppe fermée. Autrement dit, alors que le volume budgétaire de l’enseignement n’évolue pas d’année en année, le nombre d’étudiant lui ne fait qu’augmenter. En 40 ans, le montant par étudiant à diminué de moitié !

Ce manque de financement se fait sentir chez les étudiants. La qualité et l’accès à l’enseignement supérieur sont mis à mal. Les problèmes touchent aussi bien les infrastructures avec des locaux délabrés et mal équipés ou un nombre insuffisant de places. L’encadrement des étudiants avec un nombre insuffisant d’assistants et de professeurs. Un manque d’ambition concernant l’aide à la réussite où les cours de remédiation sont plus souvent les cas particuliers que la généralité ou l’organisation d’examens blancs. Ou encore les services offerts aux étudiants via des horaires de bibliothèque inadaptés, l’absence de réfectoire ou d’infrastructure sportive. L’enseignement supérieur n’est aujourd’hui pas encore émancipateur et démocratique.

L’accès aux études est aussi en danger. Les fausses bonnes solutions les plus avancées proposent une sélection à l’entrée (ou rapidement après celle-ci) des établissements d’enseignement supérieur. C’est pourtant nier les résultats des enquêtes PISA de l’OCDE qui dénoncent la Belgique comme étant le deuxième pays européen ayant le plus d’inégalités dans son enseignement secondaire. Filtrer à l’entrée du supérieur reviendrait donc à filtrer socialement les classes sociales de la population. Aujourd’hui, il existe dans différentes filières des examens d’entrée ou une sélection psychologique afin de réduire le nombre d’étudiants à cause du manque de financement. Le problème ce n’est pas le nombre d’étudiants, c’est le définancement de l’enseignement.

Un refinancement public de l’enseignement à hauteur de ses besoins permettrait d’assurer l’indépendance des établissements afin que soient organisées des formations ayant une finalité pour l’intérêt général de la population et non d’intérêts privés. Un financement public à hauteur des besoins de l’enseignement assurerait l’accès à des études de qualité pour tous. Encore à l’heure actuelle le coût des études varie entre 7.000€ et 10.000€, un véritable barrage financier pour les plus démunis. Un refinancement ferait diminuer le coût des études qui pèse sur les étudiants actuellement et permettrait d’avancer vers un enseignement gratuit tel que le stipule l’article 13 du pacte de New York. Pacte ratifié par la Belgique en 1983.

Afin d’obtenir un enseignement de qualité pour tous via un refinancement public, les Conseils Étudiants et la Fédération des Étudiants Francophones, informent et mobilisent les étudiants. Sur les campus sont organisés des stands, des tours d’auditoires et diverses activités pour discuter avec les étudiants de la thématique. Le mouvement étudiant sera national, les Conseils Étudiants néerlandophones et la VVS –Vlaamse Vereniging van Studenten, nos homologues néerlandophones- aussi mobilisent pour un refinancement public et un enseignement de qualité pour tous.

Le rendez-vous est donné le 2 avril 2014 à Bruxelles pour une mobilisation nationale des étudiants. Ensemble, nous revendiquons auprès des partis politiques, en vue des élections du 25 mai 2014, un véritable enseignement public, gratuit, de qualité, accessible à tous, critique et citoyen. Faisons de nos priorités celles du gouvernement futur.

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