Le 84ème Congrès de l’UNEF, vu de Belgique

Mi-avril, la FEF s’est rendue au 84ème Congrès de l’UNEF dans le cadre de son projet lié à la francophonie. En tant qu’organisation syndicale partenaire depuis de nombreuses années, la Présidente et l’International Officer de la FEF ont ainsi participé à une table ronde à ce sujet et à deux ateliers sur l’austérité en Europe et la démocratisation dans l’enseignement supérieur. Récit d’une rencontre étudiante internationale…

C’est par le biais du syndicat européen étudiant (ESU) que la Fédération des Etudiants Francophones a pu, il y a quelques années déjà, faire connaissance avec l’Union Nationale des Etudiants de France. Comme avec tous les autres syndicats/organisations étudiants de l’Europe élargie! Ainsi, les réunions au sein d’une même coalition, appelée TOPICS, ont amené les étudiants venant des quatre coins d’Europe à collaborer davantage.

 

Oui, mais… l’UNEF, qu’est-ce que c’est ?

L’UNEF, première organisation étudiante de France, se donne pour missions d’informer et de défendre les étudiants sur l’ensemble du territoire et d’organiser une certaine solidarité sur les campus universitaires. En tant qu’organisation politique de jeunesse, elle milite au quotidien pour défendre la place de la jeunesse dans la société, la démocratisation de l’enseignement supérieur, l’égalité et la réussite pour tous.

Ses projets phares du moment? La défense d’un statut social étudiant (à travers l’allocation autonomie) et la révolution pédagogique (réflexion sur la transmission des savoirs à l’université, l’apprentissage et l’évaluation des étudiants, en mettant en avant l’importance des cours en petits groupes).

Le Congrès se réunit tous les deux ans: un temps démocratique, de débats et de votes très importants pour l’organisation! Entre temps, tous les trois mois, des Collectifs Nationaux sont organisés. Késako? Une sorte de parlement qui, durant deux jours, invite les adhérents à débattre du bilan et de l’orientation de l’UNEF et à participer à plusieurs séries d’ateliers thématiques liés à la jeunesse et à l’enseignement supérieur.

L’UNEF est organisée en tendances afin de regrouper en son sein un maximum d’étudiants. L’ensemble de ces tendances partagent le même idéal et sont d’accord sur l’essentiel. Sur le fond et sur la forme, surtout au niveau stratégique, il existe des divergences. Ces tendances permettent de faire vivre ces différences dans une même structure sans diviser le mouvement étudiant.

Enfin, au sein de l’exécutif, se trouvent le Bureau National (BN), le principal organe exécutif, et la Commission Administrative. Le BN rassemble environ 45 personnes de toutes les tendances, de manière proportionnelle aux votes des adhérents. Au niveau local, des AGE réunissent tous les adhérents et militants de l’UNEF. Cette adhésion se fait individuellement. Chaque AGE comporte au moins un président, un secrétaire général et un trésorier.

 

Et son Congrès ?

Lors de cette rencontre internationale, la FEF a eu la chance de pouvoir intervenir dans deux ateliers et une table ronde sur la francophonie. Le premier atelier avait pour ambition d’évoquer les mesures d’austérité qui touche l’Europe et le Burkina Faso et de les mettre en perspective. La gravité de l’austérité connue par les Burkinabés n’est, en effet, pas comparable à celle qui touche l’Europe! Le représentant des étudiants burkinabés a livré un discours très touchant sur la révolution d’octobre 2014 et la grande violence utilisée à l’égard des étudiants. Ils se préparent d’ores et déjà aux élections d’octobre 2015. Son plus grand souhait? Arriver à un système similaire au nôtre!

Lors de cet atelier sur le renforcement de la démocratie étudiante, une comparaison a été faite entre le système belge en Fédération Wallonie-Bruxelles et le système français. Si la structure est assez différente, il existe des points similaires et des problèmes communs. D’une part, une similitude apparaît dans le fait que les étudiants ne sont pas assez écoutés au sein des différents organes décisionnels où les autorités académiques, les chercheurs, et les professeurs représentent trop de voix par rapport à celles des étudiants.

D’autre part, une différence qui existe au niveau de la représentation étudiante. En France, il n’y a pas de quorum de participation pour les élections étudiantes. S’ils devaient instaurer ce principe, cela deviendrait compliqué puisque certains établissements comportent beaucoup plus d’étudiants que les plus grosses implantations belges. Le système de vote en ligne pourrait alors s’avérer plus qu’utile.

Hormis la situation inacceptable qui existe au Burkina Faso, plusieurs autres choses ont interpellé la FEF lors des échanges avec les autres délégations. Au Québec par exemple, le droit de grève n’est pas accepté. D’ailleurs, durant le Congrès, des étudiants ont été expulsés avec des anti-émeutes alors qu’ils protestaient pacifiquement devant un établissement. Pour les Algériens, c’est l’extraction du gaz de schiste qui pose problème. Les étudiants en ont également fait leur combat.

Finalement, la Présidente et l’International Officer de la FEF sont revenues de ce Congrès, la tête pleine de réflexions, avec une meilleure vision de ce qui se passe dans d’autres pays francophones. La création d’une plateforme « francophonie » pourrait être l’occasion de dépasser toute les constructions du passé et d’aller vers l’avant afin de mettre au profit de tous les étudiants cet espace d’échanges.

Print Friendly, PDF & Email