Concours en médecine vétérinaire: Les étudiants disent non à la sélection!

La Fédération des Étudiants Francophones l’avait relayé début  de semaine passée, les étudiants mécontents de ne pas avoir été  concertés sur le projet d’un concours en médecine vétérinaire  souhaitent réagir. L’AGL et le BDE-Sciences (UCL), l’AGE (UNamur), le BEM et le BEA (ULB) ont donc organisé des assemblées générales  et consultations internes, afin d’informer leurs étudiants et permettre aux premiers concernés de prendre eux-mêmes position.

Il y a quelques jours, les doyens de l’UCL, l’ULB, l’UNamur et l’ULg annonçaient (au grand dam de certains recteurs qui annonçaient ne pas avoir été consultés) leur volonté d’instaurer un concours en médecine vétérinaire afin de répondre, disent-ils, au manque d’infrastructures et de matériel dû à la détérioration du financement par étudiant. Oui mais voilà, si l’excuse est discutable, le procédé de cette décision constitue en un réel by-pass démocratique. En effet, à aucun moment les doyens ne sont passés par les organes censés valider cette proposition (conseils de faculté, conseils académiques ou d’administration), et les étudiants, premiers concernés, n’ont jamais eu voix au chapitre.

Aussi, mardi passé, l’AGL en collaboration avec le BDE-Sciences a rassemblé les étudiants en médecine vétérinaire de l’UCL lors d’une assemblée générale afin de les informer de la situation actuelle. Les étudiants vétérinaires ont ainsi décidé, à forte majorité, de s’opposer à toute forme de sélection. Mercredi, c’était au tour de l’AGE et ses étudiants de se réunir. Plus de 300 étudiants vétérinaires étaient présents et ont clôturé la séance par un vote massif contre la sélection, également. À l’ULB, le Bureau des Étudiants en Médecine, soutenu par le BEA, a rejoint la position votée par les deux assemblées générales.

Sophie, étudiante en 2e VETE, témoigne : « Je viens d’une école secondaire qui ne m’a pas assez préparée à l’université. L’an passé en BAC1, j’ai raté tous mes examens à ma session de janvier et il m’a fallu les repasser en juin et septembre, pour finalement réussir ma 1ère année. Si j’avais dû passer par un concours en début ou en fin de première, jamais je n’aurais pu continuer mon projet de formation et passer en BAC2 ».

Étant depuis toujours attachée au libre accès à l’enseignement, la FEF salue cette prise de position de la part des étudiants et entend bien les soutenir! La sélection n’est en aucun cas une solution face à la baisse de qualité de la formation et, dans le contexte où notre enseignement secondaire est l’un des plus inégalitaires de l’OCDE, elle discriminerait de nombreux étudiants porteurs d’un projet de vie pourtant capables de le réussir. Le refinancement public de l’enseignement supérieur, par contre, l’est.

Pour la FEF et les conseils étudiants, il est indispensable de maintenir et développer la qualité de la formation. En 15 ans, le financement par étudiant a baissé de 16,2% ! À l’occasion de la formation du gouvernement communautaire en 2014, le Ministre Marcourt avait promis un refinancement graduel à hauteur de 107,5 millions d’euros. La crise de l’encadrement et des infrastructures en médecine vétérinaire est l’une des marques du sous-financement de l’enseignement. Aujourd’hui, l’AGL, l’AGE, le BEA et la FEF appellent le Ministre à respecter cet engagement et à donner les moyens à nos facultés d’assurer une formation émancipatrice et démocratique.

Print Friendly, PDF & Email