Conférence interministérielle – Processus de Bologne

Mi-mai, la FEF a participé à la 68e assemblée générale d’ESU (European Students Union), le syndicat étudiant européen dont elle fait partie. Durant cette rencontre, les unions étudiantes ont eu l’occasion d’élire un nouveau comité exécutif – que la FEF félicite – à la tête du syndicat. Les étudiants ont aussi pu soutenir de nombreuses résolutions et discuter de pistes de réformes pour l’avenir. Mais cette assemblée était surtout organisée dans le but de se préparer à la conférence interministérielle sur le Processus de Bologne.

Le but de cette conférence est de définir les priorités qui guideront le travail du Processus de Bologne. Depuis 1999, il est en marche afin d’harmoniser l’espace européen de l’enseignement supérieur (EEES). Parmi les objectifs du Processus, il y a notamment l’implémentation d’un système à deux cycles, les crédits (ECTS) mais aussi la promotion de la dimension européenne dans l’enseignement supérieur en permettant une mobilité entre étudiants, chercheurs et académiques.

Le fait est que, jusqu’à présent, le Processus de Bologne est loin d’avoir été implémenté dans tous les pays qui se sont engagés à faire partie de cet EEES. Vous l’aurez compris: le bilan actuel est assez critique. C’est ce qu’a tenté de démontrer ESU lors de la présentation de son enquête « Bologna with Students Eyes » (2015), réalisée avec l’aide des unions qui composent le syndicat. Même si cela ne traduit « que » la vision des étudiants sur le Processus de Bologne, il est alarmant de découvrir la perception étudiante mais encore plus de se rendre compte que tous les engagements pris dans ce cadre ne seront pas tous remplis d’ici 2020!

ESU a toujours pris à cœur la défense de la reconnaissance automatique des diplômes mais également l’implication et la participation des étudiants au niveau des structures décisionnelles de l’enseignement supérieur. Un point d’honneur a aussi été accordé à la dimension sociale et à la liberté de recherche. Ces éléments se retrouvent, entre autres, bel et bien dans le communiqué qui ressort de la conférence interministérielle. C’est pourquoi, ESU exprime sa satisfaction face à ce texte. Un premier pas a été franchi cette semaine dans le Benelux: En effet, un accord a été passé ce lundi afin de permettre la reconnaissance des diplômes dans les trois pays. La FEF se réjouit de cette nouvelle et espère que ce n’est qu’un début.

Cela dit, quelques remarques sont à soulever. En effet, les étudiants regrettent que le Processus de Bologne soit utilisé comme une excuse afin d’implémenter certaines mesures qui, parfois, n’ont rien à voir avec le Processus de Bologne. Aussi, un danger évident réside dans l’implémentation « à la carte » du Processus de Bologne, qu’il faut à tout prix éviter afin de parvenir à la cohérence et au système d’éducation désiré. D’ici la prochaine conférence interministérielle, qui aura lieu à Paris en 2018, il est nécessaire de pouvoir trouver une méthode permettant d’avoir un état des lieux de l’application du Processus de Bologne dans l’EEES.

Pour plus d’informations sur l’enquête réalisée par ESU et sur le communiqué de la conférence interministérielle: http://www.esu-online.org/news/article/6001/ESU-reveals-students-perspectives-on-the-EHEA-and-welcomes-the-Yerevan-Communique/

 

 

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