Unités d’enseignement: il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut entendre…

Ce matin, quelle ne fut pas la stupéfaction de la Fédération des Étudiants Francophones de lire la détresse d’une étudiante de plus qui, suite à trois échecs en juin, doit en repasser six fois plus en août! Une situation inacceptable, crainte et dénoncée par la FEF depuis des mois, et connue de son service juridique contacté par de nombreux étudiants malheureusement dans le même cas.

Cette année, la mise en application du décret Paysage prévoit la réorganisation des études en unités d’enseignement regroupant plusieurs activités d’apprentissage (cours, stages, travaux personnels,…). Autrement dit, une unité d’enseignement égale plusieurs activités d’apprentissage donc plusieurs examens. Si l’étudiant réussit l’ensemble des activités d’apprentissage, il réussit l’unité au complet. Mais s’il vient à en rater ne serait-ce qu’une, les choses se compliquent…

En effet, si le décret Paysage stipule que les activités d’apprentissage peuvent faire l’objet d’une évaluation et d’une valorisation distincte, rien n’oblige les jurys à procéder de la sorte. Un flou juridique mal anticipé suite à la mise en place trop rapide de cette réforme comme dans d’autres cas problématiques déjà exposés. Par conséquent, les établissements ont la liberté d’interpréter le décret comme bon leur semble! L’étudiant n’a plus qu’à espérer s’être inscrit dans un établissement qui privilégie la cohérence et l’intérêt des étudiants!

Une situation plus que sidérante pour la FEF qui a fait part du problème au Cabinet Marcourt dès les premières discussions sur le texte amendant le décret Paysage. Lors de la concertation, la FEF a demandé de préciser les règles afin d’éviter ce problème. La FEF a même proposé un amendement lors de l’examen du texte au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour garantir une évaluation juste et homogène pour tous les étudiants. Un problème face auquel le Ministre Marcourt et la majorité ont préféré faire la sourde oreille, dans un jeu de conflits avec l’opposition, au lieu de penser à la situation désastreuse d’un étudiant confronté à une seconde session colossale pour un nombre minime d’examens ratés.

« Le service juridique de la FEF, qui a déjà reçu de nombreux appels d’étudiants désemparés à ce sujet est disponible pour répondre à leurs questions », rappelle Corinne Martin, présidente de la FEF.

La FEF souligne aussi la discrimination entre les étudiants puisque le traitement du problème diffère selon l’établissement. Et elle demande au Ministre Marcourt de régler cette incohérence le plus rapidement possible en espérant que, cette fois-ci, le problème sera pris au sérieux.

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