Refinancement de l’enseignement supérieur : n’oublions pas les Hautes écoles

Les Hautes Écoles sont menacées. Le sous-financement structurel les rend exsangues.  Elles ne peuvent plus assurer pleinement leurs missions et maintenir la qualité de leurs formations.

Les Hautes Écoles ont récemment fait état de cette situation d’urgence auprès du Ministre Jean-Claude Marcourt, chiffres à l’appui. A côté des 7.800 € que la FWB verse annuellement par étudiant aux universités, les Hautes Écoles sont étranglées avec une moyenne de 5.300 € seulement. Des chiffres ahurissants quand on pense aux enjeux d’employabilité et de développement socio-économique auxquels ces établissements répondent par des formations bien adaptées aux évolutions des besoins de la société et qui donnent statistiquement les meilleures chances de trouver rapidement un emploi.

Pointer une pareille disparité dans les montants versés par la FWB permet de comprendre qu’il est grand temps de définir une clé équitable de répartition des allocations octroyées à l’enseignement supérieur.  Une vision sur les 10 années à venir est essentielle et une progressivité des moyens alloués doit être envisagée, tenant compte d’un accroissement de population lié aux facteurs sociodémographiques.

Alors que les discussions semblent principalement tourner autour du refinancement des universités, il est légitime pour les Hautes Écoles de revendiquer une augmentation du montant moyen par étudiant.

Les Hautes Écoles en chiffres:

Plus de 80.000 étudiants
Environ 50% de la population étudiante dans l’enseignement supérieur
Une augmentation de 15% d’étudiants en 5 ans

Les Hautes Écoles soutenues par les étudiants expriment leur volonté de maintenir un enseignement de qualité intégrant leurs spécificités.

Elles développent une pédagogie de proximité sans cesse réinventée à la faveur des diverses évolutions sociologiques et technologiques de l’enseignement supérieur.  Pour œuvrer à la démocratisation de l’enseignement, un accompagnement personnalisé ne peut se faire sans un renforcement de l’encadrement assuré par un personnel enseignant et administratif compétent, soucieux de la réussite des étudiants et des enjeux sociétaux.  Des infrastructures dignes d’un enseignement supérieur, qui offrent à la fois l’espace, la technologie et les conditions optimales, sont nécessaires à l’apprentissage et au développement des compétences des jeunes, futurs professionnels.

Les Hautes Écoles et les étudiants revendiquent :

en urgence, une augmentation du montant moyen par étudiant de 300 € sur les deux années à venir, soit 12 millions € à engager dans le budget FWB 2016 et 12 millions dans le budget FWB 2017 ;
à une échéance de 5 ans, un refinancement annuel global de 82 millions €.

Marianne COESSENS, Directrice-Présidente de la HEB, pour les Hautes Ecoles organisées par la FWB

Vinciane DE KEYSER, Secrétaire Générale de la FédESuC – Fédération de l’Enseignement Supérieur Catholique – SeGEC, pour les Hautes Écoles du réseau libre confessionnel

Michel BETTENS, Secrétaire Général de la FELSI, pour la Haute Ecole du réseau libre non-confessionnel

ET

Brieuc WATHELET, Président de la FEF, pour la Fédération des Etudiants Francophones