Décret financement: les étudiants attendent…

Hier, Jean-Claude Marcourt a annoncé qu’il sortirait son avant-projet de décret de refinancement de l’enseignement supérieur avant la fin du mois. Une nouvelle qui réjouit la Fédération des Étudiants Francophones, mais pas sans inquiétudes…

Au Parlement, le Ministre de l’Enseignement Supérieur a précisé hier que les dix premiers millions d’euros de ce refinancement seraient inscrits au budget 2016. Une goutte d’eau dans un océan car les universités réclament 100 millions sur la législature, dont 15 millions en urgence, et les hautes écoles 82 millions sur la législature, dont 12 millions en urgence. D’ailleurs, la question de répartition du budget entre celles-ci n’a pas été abordée, soulignent certains.

De son côté, la FEF salue ce premier pas mais rappelle que cela fait des années que le Ministre Marcourt promet de refinancer l’enseignement supérieur, sans pour autant que les étudiants en voient la couleur. Pourtant, les différents acteurs du secteur, étudiants et académiques, n’ont cessé de souligner l’urgence et le manque cruel de moyens dont souffrait celui-ci.

Car le système actuel de financement en enveloppe fermée n’est plus tenable! Il faut sortir de l’enveloppe fermée et opter pour un financement par étudiant. « Attribuer des tranches de financement sans changer structurellement le système de financement revient à faire les choses à moitié », précise Brieuc Wathelet, président de la FEF.

Les dérives que crée l’enveloppe fermée sont connues: diminution de l’allocation par étudiant, concurrence entre établissements… Tous les partis de la majorité actuelle se sont engagés avant les élections de 2014 à sortir de ce système fatal. Espérons qu’il ne s’agissait pas d’une simple promesse électorale! Aujourd’hui, semble le moment opportun pour le prouver.

Mais la vraie question que se posent aujourd’hui les étudiants est de connaître les différents objectifs de ce refinancement. À quels domaines sera-t-il attribué? Pour la FEF, cette petite bouffée d’air doit être réservée à des politiques bien spécifiques telles que l’aide à la réussite, le budget social des établissements, le matériel de formation et le taux d’encadrement. On comprend donc vite que 10 millions sont largement insuffisants pour relever ces défis!

« Le taux d’échec dans l’enseignement supérieur est criant et doit constituer une des principales priorités du gouvernement. Il faut y remédier en renforçant l’aide à la réussite », souligne Brieuc Wathelet. « Une autre priorité de ce refinancement est de démocratiser l’enseignement supérieur afin qu’il retrouve son rôle d’ascenseur social ».

La FEF attend donc l’avant-projet de décret à ce sujet et souligne qu’elle sera attentive à ce que les promesses obtenues du Ministre lors des différentes mobilisations étudiantes, notamment pour un refinancement public de l’enseignement supérieur, soient respectées.

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