Refinancer l’enseignement supérieur : promesse tenue ?

Après deux décennies de vaches maigres, hautes écoles et universités verront leur financement public progresser de 107,5 millions d’ici à 2019. Une décision nécessaire selon la Fédération des Étudiants Francophones, qui déplore toutefois le maintien de l’enveloppe fermée et la hausse des droits d’inscription spécifiques.

Conformément à l’annonce faite lors de sa formation, le Gouvernement de la Fédération Wallonie – Bruxelles s’est accordé jeudi dernier sur un refinancement progressif de l’enseignement supérieur. La FEF n’a pas eu l’honneur d’être associée ni même consultée dans le cadre de ce débat, essentiellement discuté entre les recteurs et le cabinet du Ministre. Voilà une occasion manquée de concrétiser les nobles intentions de la récente réforme du paysage, qui devait démocratiser la gestion de l’enseignement supérieur.

En attendant de pouvoir consulter le texte dans le détail, la FEF se réjouit de la perspective de ce refinancement attendu de longue date par les étudiants comme par l’ensemble des acteurs. Pour rappel, depuis le milieu des années nonante, les établissements d’enseignement supérieur accueillent de plus en plus d’étudiants sans soutien supplémentaire des finances publiques.

Les moyens débloqués d’ici 2019 compenseront partiellement ces années de disette. Mais seront-ils suffisants pour faire face aux nouveaux besoins? Rien n’est moins sûr ! Au contraire, le maintien d’un financement en enveloppe fermée garantit à moyen terme de nouvelles difficultés budgétaires pour l’enseignement supérieur. La FEF regrette que Jean-Claude Marcourt ait renoncé à remettre en cause ce carcan, contrairement aux engagements pris en début de législature.

« L’étau du financement se desserre un peu, mais aucune réponse structurelle n’est apportée », déclare Brieuc Wathelet, président de la FEF. « Les besoins en matière d’encadrement, d’infrastructure ou de politiques sociales sont criants. Les nouveaux moyens devront être orientés prioritairement vers ces objectifs, et des solutions stables doivent encore être trouvées pour soutenir durablement la démocratisation et la qualité des études supérieures ».

En outre, d’après les informations publiées ce samedi, ce refinancement s’accompagne d’une mauvaise surprise pour les étudiants étrangers : les droits d’inscription spécifiques passeraient de 4 175 à 14 160 euros, soit une hausse de 239 % ! « Un précédent inquiétant », selon Brieuc Wathelet, qui dénonce « une volonté de faire les poches des étudiants étrangers sans considération pour leur projet de vie ».

Le véritable travail sur les principes d’un financement juste de nos hautes écoles, universités et écoles supérieures des arts – qui semblent avoir été complètement oubliées – reste donc encore à mener. La FEF, qui porte cette revendication depuis une vingtaine d’années, forme le vœu que le refinancement annoncé soit l’amorce d’une dynamique plus favorable et ne s’accompagne pas de reculs quant à l‘accessibilité. Il en va de l’avenir des étudiants et de l’enseignement supérieur en Fédération Wallonie – Bruxelles.