Études de médecine vétérinaire: le concours n’est pas une fatalité

Depuis plusieurs mois, les facultés de médecine vétérinaire sont en ébullition. En cause, des capacités d’encadrement saturées pour la formation de master, organisée seulement par l’Université de Liège. Les étudiant·e·s, leurs organes représentatifs locaux et la FEF ont travaillé une issue positive permettant de préserver le libre accès en garantissant la qualité des études. Une solution que Jean-Claude Marcourt a rejetée ce mercredi lors d’un échange parlementaire.

Depuis de nombreuses années, l’organisation des études de médecine vétérinaire est l’objet d’un débat récurrent en Fédération Wallonie-Bruxelles. Très attractives, y compris au-delà de nos frontières, ces études requièrent de coûteux moyens d’encadrement et d’infrastructure. Cette situation a motivé l’introduction d’un concours d’entrée en 2003, idée abandonnée trois ans plus tard au profit d’un quota limitant l’accès des étudiant·e·s non-résident·e·s.

Mais le problème resurgit aujourd’hui par un biais inquiétant. De peur de ne plus répondre aux critères de l’Association Européenne des Établissements d’Enseignement Vétérinaire (AEEEV, un organisme privé jugeant la qualité des études dans ce domaine), la faculté liégeoise s’est mobilisée pour réintroduire un filtre limitant le nombre d’étudiant·e·s qu’elle accueille chaque année.

« La FEF refuse qu’un lobby corporatiste puisse exercer ce genre de pression sur le caractère démocratique de notre enseignement », explique le président de la FEF. « Toutefois, nous n’avons pas voulu éluder la question de la qualité de la formation. Dans une démarche collective avec les étudiant·e·s de médecine vétérinaire, lors d’AG organisées dans les trois facultés, la FEF a élaboré une solution alternative: renforcer la formation pratique par des stages auprès des professionnels du terrain, moyennant une rémunération et un suivi pédagogique adaptés. Cela permettrait de soulager les capacités d’accueil de la clinique vétérinaire liégeoise, tout en maintenant la qualité des études et sans exclure aucun·e étudiant·e en situation de réussite ».

Cette piste, jugée intéressante et réalisable par une grande partie des responsables académiques concernés, a pourtant été rejetée par le Ministre de l’Enseignement Supérieur ce mercredi. D’après lui, cela serait « trop long à mettre en œuvre alors qu’il y a urgence ».

Il est effectivement temps de remédier à cette situation! Et Jean-Claude Marcourt  a affirmé ce mercredi qu’il était rétif à l’idée de sélectionner. Mais tout indique qu’il s’apprête pourtant à le faire, en raison d’un calendrier dicté par l’AEEEV dont la prochaine visite à Liège est prévue en 2017.

Si un filtre devait être instauré en médecine vétérinaire, cela constituerait un grave précédent dans notre enseignement supérieur. Cela signifierait que l’accessibilité aux études peut être négociée sous le diktat d’un organisme privé. Il s’agirait d’une double capitulation pour la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui a maintes fois professé son attachement à la démocratisation de l’enseignement et son rejet des procédures d’agrément privé dans l’enseignement supérieur.

La FEF, l’AGE, le BEA, l’AGL et le BDE Sciences estiment qu’un choix politique aussi lourd de conséquences ne peut se faire dans la précipitation! Si le Ministre est véritablement attaché à la liberté d’accès, la seule urgence est d’engager la réflexion sur le remodelage du master en sciences vétérinaires. En cédant sur le dossier, M. Marcourt privilégie une solution de facilité plutôt qu’une réflexion approfondie sur la qualité des études. De leur côté, la FEF et les étudiant·e·s ne renonceront pas!

 

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