Vétérinaires : un nouveau recul dans l’accès à l’enseignement supérieur

Jean-Claude Marcourt a annoncé ce jour la mise en place d’un concours en fin de première année en médecine vétérinaire. Après la médecine et la dentisterie, c’est la troisième filière touchée par une restriction d’accès aux étudiants depuis l’entrée en fonction du Ministre. La FEF dénonce cette évolution qui contredit tous les engagements du Gouvernement en matière de démocratisation des études.

Le débat engagé l’an passé sur les conditions d’études de nos futurs vétérinaires vient de se conclure de la plus mauvaise manière. Dès l’an prochain, de nombreux étudiants en situation de réussite seront éliminés au terme de la première année. La crainte de voir la faculté liégeoise perdre son agrément par l’AEEEV, une agence d’évaluation privée imposant des normes d’encadrement, aura donc été plus forte que les engagements de Jean-Claude Marcourt en faveur d’un enseignement démocratique.

Le Ministre explique qu’il fait ce choix « contraint et forcé par les événements ». Pourtant, la FEF et de nombreux étudiants avaient proposé une solution alternative à la sélection, permettant de garantir à la fois la qualité de l’enseignement et le libre accès (voir notre communiqué du 21 avril dernier). Le Ministre a rejeté cette alternative pour des raisons de timing qui ne nous convainquent pas. Tout d’abord car le Ministre a lui-même laissé s’installer cette urgence. Ensuite, parce que la sélection en fin de première année ne permettra pas de dénouer la situation en master. En revanche, elle aura de lourdes conséquences sur les parcours étudiants.

« Jean-Claude Marcourt utilise la sélection pour résoudre un problème d’encadrement et respecter des contraintes dictées par un lobby », déclare Brieuc Wathelet, président de la FEF. « C’était déjà sa solution pour les étudiants en médecine. Il répète son opposition à la sélection, mais dès l’an prochain, la sélection touchera 24% de la population étudiante à l’université, alors que cette proportion était de 6% avant l’entrée en fonction du Ministre. Il y a une contradiction flagrante entre les paroles et les actes ».

La prochaine échéance dans ce dossier sera la discussion et le vote du texte au Parlement de la Fédération Wallonie – Bruxelles. La FEF appelle les parlementaires à rejeter la proposition du Ministre, et à ouvrir un débat large et serein sur les difficultés d’encadrement dans nos facultés et écoles. Nous ne pouvons plus admettre que les vocations des étudiants soient brisées du fait du sous-financement de l’enseignement supérieur et des diktats des agences d’évaluation privées.

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