4000 étudiants supplémentaires auront accès à une bourse d’études !

Début de cette année, un mauvais parfum flottait sur les allocations d’études. Pour des raisons budgétaires, on entendait que le ministre Marcourt voulait réformer le système pour rendre l’accès à une bourse plus difficile, et le montant octroyé plus faible.

Aujourd’hui, et après de nombreux mois à dénoncer, argumenter, rassembler, convaincre, la FEF a gagné et obtient que tout étudiant finançable en situation financière difficile ait accès à une bourse d’études, dont le montant sera garanti. Une victoire historique qui permet à 4000 étudiants supplémentaires de bénéficier d’une bourse d’études.Rétroactes. Au moment de la rédaction du décret paysage, le ministre Marcourt supprime le concept d’année d’études. La possibilité pour l’étudiant de se réinscrire dans l’enseignement supérieur (= la finançabilité) dépendra désormais du nombre de crédits qu’il a accumulés, plus des années qu’il aura réussies. L’impact sur les allocations d’études est alors incertain : la législation en vigueur prévoyait alors que la bourse était octroyée si l’étudiant avait réussi l’année précédente, avec un « joker » permettant de déroger à cette règle pour un premier échec. Mais comme l’année d’études n’existe plus, maintenir cette exigence n’avait plus de sens. Il a donc été prévu de purement et simplement abroger ce critère inadapté au nouveau régime (décret du 11 avril 2014, article 11).

Deux ans plus tard, retournement de situation : pour des motifs budgétaires, le Ministre annonce qu’il envisage de réintroduire un critère de réussite plus important pour l’étudiant boursier que pour tout autre étudiant désirant se réinscrire dans l’enseignement supérieur, et de mettre en place une série de réformes qui diminuent les montants accordés aux bourses. On perpétuerait ainsi un système de méritocratie qui demanderait à l’étudiant boursier de réussir plus et mieux que tout autre étudiant.

Alertée, la FEF contre-attaque et sonne l’alerte. A l’époque, elle était bien isolée… En effet, tous les acteurs concernés étaient favorables à la réforme. Mais exclure une série d’étudiants des allocations d’études, c’était risquer de les voir aller chercher autre part les ressources financières qui leur manquent pour poursuivre leur parcours académique. Et notamment aux CPAS, dernier filet de protection sociale de notre société, qui croulent aujourd’hui sous les demandes et ont vu exploser le nombre d’étudiants y demandant une aide (+ 124% en dix ans !).

Rejointes également par la Ligue des familles, la FEF et les Fédérations de CPAS wallonne et bruxelloise tirent la sonnette d’alarme en février dernier pour témoigner de la précarisation croissante des étudiants et de la nécessité de maintenir et élargir les critères d’octroi et les montants des bourses d’études. Une stratégie qui fonctionne petit à petit. La FEF poursuit son travail de pression politique, et petit à petit, gagne le rapport de force lui permettant de convaincre le ministre.

Le 12 juillet dernier, la FEF a officialisé son accord avec le ministre Marcourt : chaque étudiant ayant acquis assez de crédits pour pouvoir se réinscrire dans l’enseignement supérieur aura droit à une allocation d’études supérieures si sa situation sociale l’exige.

4000 étudiants boursiers supplémentaires, c’est 11% d’allocations d’études en plus. La FEF gagne ainsi sa plus grande avancée dans la démocratisation de l’enseignement depuis 6 ans et réaffirme qu’étudier est un droit, pas un privilège.

Une grande victoire et une première étape. Les critères d’octroi restent aujourd’hui trop restrictifs, les allocations d’études pas assez progressives et les montants trop dérisoires. Mais cette victoire dans la démocratisation des études est assez importante que pour être soulignée, dans un contexte où l’ensemble des protections sociales offertes à la population sont restreintes pour des raisons budgétaires.

Print Friendly, PDF & Email