L’examen d’entrée en médecine recalé, mais pas refusé : La FEF marque toujours son opposition et dénonce

L’avant-projet de décret du ministre de l’Enseignement supérieur Jean-Claude Marcourt, présenté hier au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, n’a pas été approuvé et a été mis « en délibéré ». Le décret, visant à instaurer un examen d’entrée en Médecine et Dentisterie, doit vraisemblablement encore être discuté sur certains points.

Il ne s’agit donc pas de refuse l’instauration d’un filtre à l’entrée des études, mais d’en redéfinir et détailler certaines modalités. La Fédération des Etudiants Francophones dénonce toujours cette mesure qui constitue une nouvelle attaque contre l’accessibilité des études et conduira à aggraver la pénurie de praticiens déjà avérée et qui, selon les prévisions de la commission de planification de l’offre médicale, se dégradera au cours des prochaines années.

Pour la FEF, le texte présenté procède d’une triple injustice. Premièrement, elle conduit à cristalliser les inégalités via un examen d’entrée qui accentuera les effets d’un enseignement obligatoire parmi les plus inégalitaires de l’OCDE.

Ensuite, le mécanisme envisagé, la diversité des matières et l’imbroglio administratif ne manqueront pas de conduire – outre les coûts exorbitants, estimés à 800 000 € – à une situation aussi chaotique et discriminatoire, comme on l’a constaté lors de l’organisation du concours. En septembre, le délai imposé aux étudiants qui ne seraient pas sélectionnés pose d’ailleurs question dans la version actuelle du texte.

Enfin, le texte contient un mécanisme qui semble avoir été négocié sans transparence et qui accentuera le sous-financement de toutes les facultés. Ceci particulièrement à Namur et à Mons,  des facultés pourtant importantes lorsque l’on a l’ambition d’offrir un enseignement accessible et de qualité en Fédération Wallonie-Bruxelles.

La FEF rappelle son opposition à  l’avant-projet de décret tel qu’il est présenté aujourd’hui et précise que son analyse doit encore porter sur deux points cruciaux :

  • Les modalités de l’examen ;
  • Son financement.

Aux deux ministres concernés, Maggie De Block et Jean-Claude Marcourt, nous demandons de cesser ce jeu de ping-pong sur la question. “Aujourd’hui, l’enjeu pour nos soins de santé mérite de dépasser les clichés caricaturaux et communautaires”, déclare Maxime Mori, président de la FEF.

 

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