Examen d’entrée en médecine et dentisterie : La FEF rend un avis négatif

Reçue au cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur cet après-midi, la Fédération des étudiants Francophones a rendu un avis négatif quant à l’avant-projet de décret relatif à l’instauration d’un examen d’entrée en médecine et dentisterie. L’association dénonce l’irresponsabilité et l’inéquité de ce mécanisme.

La FEF tient à rappeler sa ferme opposition au système de sélection envisagé par le ministre Marcourt et son exigence d’un numéro INAMI pour tous. Limiter l’accès aux études représente une solution honteuse, choisie pour pallier le manque criant de numéros INAMI, au lieu de mener des réflexions urgentes et vitales sur la planification médicale – réel nœud du problème.

Le choix d’un examen d’entrée n’est pas sans conséquence, et les dangers sont nombreux : écrémage social et restriction d’accès à l’enseignement supérieur, cristallisation des inégalités issues de l’enseignement secondaire encore récemment montrées par l’enquête PISA, pénurie médicale, importation de praticiens étrangers et donc participation à une fuite des cerveaux dommageables, … En outre, l’efficacité de la sélection envisagée est sérieusement remise en doute, comme l’indique une étude menée sur les tests passés (publiée dans le journal Le Soir ce lundi matin) et qui conclut qu’un tel filtre conduirait à écarter d’excellents futurs médecins.

Plus précisément, notre opposition porte également sur deux problèmes précis que contient le dispositif.

Tout d’abord, ce système de sélection n’est autre qu’un concours déguisé en examen d’entrée, créé pour faire passer un nombre précis d’étudiants – relatif aux quotas INAMI. Cette impression de se retrouver face à un concours est renforcée par la volonté du ministre de n’organiser qu’une seule et unique session, une pratique extrêmement discriminante.

Ensuite, le projet de décret présenté stipule que les étudiants non-finançables ne sont en aucun cas autorisés à présenter l’examen. Une exclusion totalement révoltante et injustifiée qui n’existe dans aucune autre filière. L’ambition d’instaurer un examen d’entrée ne doit pas transgresser aux principes d’équité reconnus par la loi.

 « La FEF en appelle à la responsabilité des acteurs et dénonce une fausse solution qui laisse entière la question de l’avenir – inquiétant – de nos soins de santé », déclare Maxime Mori, président de la FEF.

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