Etudiants internationaux : Pourquoi est il important de se mobiliser ?

Suite à une réforme de juin 2016, le  désormais célèbre « décret paysage », qui est la dernière réforme de l’enseignement supérieur en Communauté française contient, au détour de l’un de ses plus de 170 articles, quelques mots dont les conséquences pour de nombreux étudiants sont désastreuses.

En effet, l’on y trouve la possibilité, dans certains cas, de faire payer aux étudiants étrangers jusqu’à 12.525 euros de minerval. Cette possibilité de faire payer plus cher leur inscription à des étudiants internationaux existait déjà, et la FEF s’est opposée à cette disposition depuis plusieurs années. Mais ici, le plafond de 5 fois le montant réclamé aux  étudiants concernés est passé à …15 fois !

La FEF dénonce ces mesures inégalitaires, contre-productives et discriminatoires.

Les défenseurs de cette mesure justifient l’augmentation des droits d’inscriptions par la perte sèche que les étudiants internationaux occasionnent à la collectivité étant donné que ni eux ni leurs parents ne paient d’impôts. Cette absence d’imposition fiscale directe conduit certains à considérer les étudiants internationaux comme un poids pour la collectivité. Cet argument considérant l’étudiant étranger comme un coût est tout simplement injuste et faux. En effet, les dépenses liées à l’organisation des études sont compensées par les dépenses quotidiennes des étudiants étrangers mais, surtout, de manière plus fondamentale, la diversité est pour la FEF source de richesse dans les enseignements, dans les cursus et plus largement dans notre société.

Cette augmentation des droits d’inscription pour les étudiants étrangers constitue une entrave claire et directe à l’accessibilité de notre enseignement supérieur, objectif central poursuivi par la Fédération des Etudiant.e.s Francophones.  En effet, une augmentation des droits d’inscription pour les étudiants étrangers aura comme effet principal d’exclure les étudiants qui n’ont pas les moyens financiers et de réduire l’accès aux étudiants les plus fortunés.

Si l’égalité des chances est un objectif partagé, comment un enseignement plus sélectif peut le réaliser ? Un modèle où l’accessibilité de l’enseignement supérieur est réduite à la capacité financière de l’étudiant est-il vraiment le modèle que les recteurs des universités préconisent ?

La FEF refuse que les étudiants portent la responsabilité des problèmes structurels liés au manque de financement de l’enseignement supérieur. Autrement dit, nous ne pouvons pas accepter, par souci d’égalité, que le manque de financement de l’enseignement supérieur soit supporté par des étudiants qui viennent chercher en Belgique des enseignements qui font sens pour eux.

Enfin, le montant des droits d’inscriptions n’est pas révélateur de l’image de qualité de nos établissements d’enseignement supérieur. D’autres mécanismes n’entravant pas les droits étudiants et qui sont réellement efficaces permettent d’atteindre cet objectif. Par exemple, des pays comme la Norvège ou la Finlande, réputés au niveau de la qualité de leur enseignement, l’ont bien compris et mènent une politique d’accueil ouverte et accessible des étudiants internationaux car ils exportent une image positive de leur enseignement, devenant ainsi des ambassadeurs de leur établissement. L’ampleur potentielle du rayonnement des étudiants étrangers pour notre enseignement belge n’est-elle pas également à prendre en compte ?

Au vu de ces différents développements, il importe pour la FEF de corriger l’inégalité présente dans le système actuel. Pour ce faire, la Fédération ne se mobilise pas seule, une large coalition s’est mise en place sur ce sujet avec  notamment l’Assemblée générale des étudiants de Louvain, CGEI, UECE, USE, ECOLO-J, le Conseil Etudiant d’Arts², le BEA, ESAC, le Conseil Etudiant de St Luc Bruxelles, CEDI, et l’OEH ont réalisé une action à ce sujet. Si ce sujet vous intéresse, n’hésitez pas à contacter la FEF via notre site internet.

La Fédération a déjà proposé à l’ARES, l’Académie de Recherche et d’Enseignement supérieur, le lieu où se prendra la décision finale, de prendre une décision sur base d’une proposition de circulaire qui rendrait les droits d’inscription les mêmes pour tous.  Les démarches suivent leurs cours mais nous comptons encore nous mobiliser au second quadrimestre pour que ce sujet aboutisse rapidement, et avancer ainsi vers plus d’inclusion et d’égalité. Des valeurs importantes pour la FEF et, plus largement, à porter dans notre enseignement supérieur.

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