Soins de santé, allocations d’études, ESA : la campagne du second quadri est lancée !

La campagne du second quadrimestre est maintenant lancée depuis plus de trois semaines, et tant les conseils étudiants et que les membres de l’équipe de la FEF sont sur le terrain pour sensibiliser les étudiant.e.s ! C’est l’occasion de revenir sur les axes de cette campagne…

Les conditions de vie des étudiant.e.s  sont depuis le début de l’année académique 2016-2017 au centre des campagnes menées par la FEF. Après une enquête largement diffusée au premier quadrimestre, la campagne du second quadri est de nouveau centrée sur la question des conditions d’études et de la couverture sociale. Dans cette optique, trois axes se dessinent :

Le premier se focalise sur la question des soins de santé, des professions médicales et paramédicales et sur la reconnaissance de celles-ci. En effet, en plus des coupes monumentales exécutées dans les budgets dédiés à la santé par Maggie de Block, un examen d’entrée va être instauré à l’entame des études de médecine, alors que la pénurie de médecins est avérée dans tout le pays. En Wallonie, 123 communes sur 262 manquent effectivement de médecins généralistes et, en Flandre, ce sont 183 communes sur 308 ! La FEF dénonce cette situation absurde, et revendique la mise en place d’un système alternatif de planification médicale qui prendrait mieux en compte les besoins sur l’ensemble du territoire.

Mais le danger pour nos soins de santé ne s’arrête pas ici ! La situation de la psychomotricité, dont le cursus a été ouvert il y a quelques années mais la profession jamais reconnue, est emblématique de la situation actuelle. La ministre fédérale de la Santé a même déclaré, sans avoir besoin de se justifier, cette profession illégale fin 2016, alors que son utilité est reconnue dans un grand nombre de pays d’Europe et par de nombreux Belges depuis un long moment. La brèche ouverte par cette non-reconnaissance en Belgique peut laisser craindre le pire pour d’autres professions paramédicales pour la suite… La FEF se positionne fermement contre ces attaques sur les soins de santé ! La santé des citoyen.ne.s, et donc des étudiant.e.s, ne doit pas être menacée dans le simple but d’arriver à un équilibre budgétaire. L’accès aux soins et aux professions médicales et paramédicales doit être le même pour tou.te.s !

Le deuxième axe de la campagne concerne les allocations d’études. Fin juillet 2016, le ministre Marcourt a mis en place une nouvelle réforme des bourses d’études. Le seul point positif de celle-ci est la suppression du critère académique, conformément à ce que la FEF revendiquait. Malheureusement, la liste des points négatifs de la nouvelle réforme est beaucoup plus longue. On compte parmi ceux-ci la globalisation des revenus, c’est-à-dire que seront pris en compte dans le calcul des revenus d’un.e étudiant.e pour l’obtention de sa bourse toutes les personnes vivant sous le même toit que lui/elle, donc toutes les personnes domiciliées au même endroit. Les salaires des frères, sœurs, oncles, tantes, grands-parents, conjoint.e.s des frères et sœurs, … sont considérés comme devant contribuer au financement des études de l’étudiant.e demandeur.euse.

Pour nous, à la FEF, il s’agit d’une situation aberrante : ce n’est ni aux frères, ni aux sœurs, ni aux oncles ou tantes de subvenir aux besoins d’un.e étudiant.e. Cette mesure exclut un certain nombre de personnes qui auraient pourtant besoin de l’obtention d’une allocation d’études. Face à cela, la FEF revendique l’arrêt de la prise en compte des revenus d’autres personnes que les parents dans le calcul des allocations d’études.

La liste noire ne s’arrête pas ici : le ministre de l’Enseignement supérieur a également mis en place un plancher minimum de revenus pour l’obtention d’une bourse, c’est-à-dire qu’il faut gagner un minimum pour pouvoir accéder à celle-ci ! C’est absurde, quand l’on sait qu’une allocation d’études est là pour aider ceux/celles qui ont le moins de moyens à étudier. Les pensions d’éventuels membres de la famille porteur.euse.s d’un handicap sont aussi prises en compte dans le calcul des bourses, les situations des étudiant.e.s en colocation ou kotteur.euse.s ne sont pas bien prises en compte non plus, … La liste de sombres constats est longue ! Face à cela, la FEF revendique l’ouverture de l’enveloppe allouée aux bourses d’études, pour permettre d’aider un maximum de personnes dans le besoin, et ce, sans plancher minimum de revenus !

Enfin, le troisième axe porte sur les Écoles Supérieures des Arts, dont la situation devient de plus en plus alarmante. Seize ESA existent en Fédération Wallonie-Bruxelles, regroupant plus de 8000 étudiant.e.s. Elles sont cependant souvent décrites comme le « parent pauvre » de l’enseignement supérieur belge francophone, dont les besoins ne sont pas souvent pris en compte. La situation des infrastructures des écoles artistiques, bien que n’étant pas nouvelle, fait réagir. Le cas du Conservatoire Royal de Bruxelles est symptomatique de la situation : les bâtiments sont tellement insalubres et délabrés que la qualité de l’enseignement est remise en question, et la santé et la sécurité des étudiant.e.s sont à risque.

Bien qu’il s’agisse du plus médiatisé, ce cas n’est pas le seul. En fait, la majorité des Écoles Supérieures des Arts se retrouve dans cette situation. Il est urgent d’agir ! Au premier quadrimestre, la FEF a fait circuler une enquête auprès des étudiant.e.s en ESA, de manière à connaître leurs avis sur les cursus qu’ils/elles ont entrepris. En plus des constatations concernant les infrastructures, il en ressort que les études artistiques coûtent, notamment au niveau du matériel, extrêmement cher et sont usantes au niveau psychologique (la pression subie est très importante) et physique (le manque de sommeil et les nuits blanches à répétition mettent en danger les étudiant.e.s). La FEF tire donc, une nouvelle fois, la sonnette d’alarme en ce qui concerne la situation des étudiant.e.s en ESA : il est temps que les pouvoirs publics prennent les choses en main pour offrir des formations de qualité sans risque sur la santé de ceux/celles qui les fréquentent. Il est aussi essentiel d’agir pour le futur de notre secteur culturel !

Si ces thématiques t’intéressent et que tu souhaites t’investir dans notre campagne, n’hésite pas à nous contacter !

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