Après la case diplôme, passez votre tour…

« Les jeunes sont tous diplômés mais sans travail », voici un « cliché » présenté dans Le Soir d’aujourd’hui. Face à la question de savoir comment un jeune diplômé peut accéder à un emploi stable, la Fédération des Étudiants Francophones recentre le débat.

En 2013, plus d’un jeune sur sept, né en 1989, était demandeur d’emploi. Un chiffre qui témoigne de la situation de crise dans laquelle vivent les jeunes aujourd’hui, à la sortie de leurs études, avec ou sans diplôme. En effet, 58% des jeunes belges âgés entre 25 et 29 ans n’ont pas de diplôme de l’enseignement supérieur. Si certains pointent du doigt le manque de diplôme ou, à l’inverse, la surqualification des jeunes, la FEF quant à elle, dénonce les choix socio-économiques posés par les politiques ces dernières années.

S’il existe une augmentation et une diversification du nombre d’étudiants qui, au fil des années, accèdent aux études supérieures, un problème persiste à la sortie des études : le cruel manque d’emplois. Et alors que les étudiants fraichement diplômés reçoivent comme seul gain à la fin de leur parcours l’impossibilité d’accéder à un emploi pour divers prétextes comme la surqualification, le manque d’expérience, la crise,…

Les plus « chanceux » d’entre eux enchainent les contrats à durée déterminée, les intérims, les mini-jobs à l’Allemande… Le voici donc, le vrai problème : entre les CDD, l’allongement de l’âge de la pension, la flexibilisation des jobs étudiants qui sont favorisés par les employeurs ou le renforcement des conditions de travail des jeunes artistes (avec la récente réforme), les jeunes diplômés n’ont que très peu de chance de trouver un emploi fixe ou même une place.

Plutôt que d’inculper le jeune d’être surqualifié ou pas assez ou encore d’avoir choisi les mauvaises études selon les lois du marché, la FEF précise que ce n’est pas à travers un quota ou un test à l’entrée, visant à inciter les étudiants à s’orienter selon les besoins du marché de l’emploi, que l’on réduira le taux de chômage chez les jeunes.

À l’heure où la campagne électorale bat son plein et où les politiques revendiquent comme priorité la formation des jeunes et l’emploi, il est plus que temps que le gouvernement mette en place une réelle politique de l’emploi, qui permette aux jeunes, diplômés ou non, d’exercer une profession qui corresponde à leurs attentes et au besoin de la société et non du marché. En voilà une bonne résolution…

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