INAMI : Un désastre pour les étudiants, un danger pour la santé publique

Cette année 2014 devrait voir diplômés près de 600 étudiants médecins en Communauté française. Pourtant, les quotas actuels ne permettent pas de dépasser les 400 numéros INAMI disponibles. Pour les années à venir,  cet écart devient de plus en plus alarmant (en 2017: plus de 1000 diplômés pour moins de 500 numéros INAMI)[i]. Que faire ?

Pour répondre à cette question, il est important d’expliquer rapidement à quoi sert ce fameux numéro INAMI. Il est nécessaire pour exercer la médecine. En effet, il permet aux patients du médecin ayant un numéro, d’être remboursés des prestations médicales et des prescriptions de médicaments. Du coup, pour celui qui n’a pas ce fameux numéro, pas de remboursement pour ses patients. Ce médecin sans numéro pourra se tourner vers la médecine du travail, la médecine légale, l’expertise médicale ou la recherche…

Pourtant aujourd’hui, en Belgique, nous manquons de médecins alors qu’a lieu actuellement une importation importante de médecins étrangers[ii]. Cela pose questions : en effet, est-ce là une manière de compenser le manque de médecins belges ? Qu’en est-il de la situation de la santé publique des pays exportateurs de médecins? Quelle est la qualité des soins offerts en Belgique? La langue pouvant être un barrage entre un médecin et son patient.

Récemment, les journaux titraient la fin du numerus clausus et des quotas pour les filières en pénurie grâce à la Ministre Onkelinx[iii]. Cet effet d’annonce avant les élections du mois de mai qui tente de promettre un numéro INAMI aux étudiants (alors que Madame Onkelinx occupe ce ministère depuis 2007…), cache le problème des maitres de stage. Sans maitre de stage, pas de place pour être formé. Or, une telle formation est nécessaire et n’est en rien compensée par l’obtention certaine d’un numéro.

La situation des étudiants en médecine aujourd’hui est grave et, à la lecture des chiffres, sur la voie de s’empirer si rien de concret n’est fait. Arrivés en 7e et dernière année (bientôt 6e et dernière année pour les plus nouveaux avec la réforme des études de médecine), l’étudiant en médecine peut se retrouver dans une situation délicate où le nombre de places disponibles dans la formation qu’il désire est insuffisant pour l’accueillir.

Il devient essentiel d’avoir un système de planification de l’offre médicale qui soit en accord avec les besoins de la population en Belgique et la réalité des facultés de médecine. Un cadastre (loin d’être parfait) avait permis d’objectiver la pénurie de médecins généralistes, qu’attendons-nous pour un cadastre des spécialités ? Qu’attendons-nous pour adapter les quotas à la réalité ou les supprimer ? Qu’attendons-nous pour permettre aux étudiants d’avoir plus de maitres de stages ? Qu’attendons-nous pour avoir un système de soins de santé de qualité, public et accessible à tous ? La FEF condamne les responsables politiques face à leur inaction sur ce sujet.


[i] Chiffres : rapport annuel de la commission de planifications de l’offre médicale

[ii]  Rapport du KCE (centre fédéral d’expertise en soins de santé).

[iii] Le Soir, 6 décembre 2103 (p. 8)

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