Tourmente sociale face à des politiques bancales

Depuis plusieurs mois, le pays est dans la tourmente. En cause, un accord de gouvernement empli de mesures drastiques envers les travailleurs, les services publics, la jeunesse,… Le nouveau gouvernement applique à la lettre le mot « austérité », tant dans le fond que dans la forme. Depuis la sortie de cet accord, les syndicats ne décolèrent pas.

Unis au sein d’un front syndical fort et soutenu par de nombreuses associations, les mobilisations de contestation s’enchainent depuis quelques semaines : manifestation nationale, grèves tournantes et grève générale se suivent mais ne s’arrêtent pas. Pourtant, le gouvernement fédéral résiste encore et toujours à la pression. Certaines mesures touchent directement les étudiants et plus largement la jeunesse : allocations d’insertion pour les jeunes jusque 25 ans au lieu de 30, conversion des jours des jobs étudiants en heures,…

Pendant ce temps, certains mouvements citoyens naissent parallèlement pour dénoncer l’austérité de manière plus transversale. Mais tandis que les mesures du gouvernement fédéral n’y vont pas par quatre chemins, qu’en est-il des autres niveaux de pouvoir? Au niveau européen, des alliances se font afin d’étendre le champ d’action de la contestation sociale et lier entre elles des politiques déclinant de toutes les manières possibles l’austérité, à tout niveau et par tous les moyens. La plupart de ces mouvements pointent du doigt les niveaux européen, mais également le niveau fédéral belge.

Du côté des entités fédérées, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a soumis récemment son budget au Parlement. Un budget qui n’est pas tout rose et qui ne vaut guère mieux que les politiques dénoncées aux niveaux fédéral et européen. Coupes drastiques dans la culture, remise en question du financement des établissements d’enseignement obligatoire à discrimination positive et indexation partielle des montants de l’enseignement supérieur, voire saut d’index pour certains budgets.

Indexation partielle, qu’est-ce que cela signifie concrètement? L’ensemble des budgets alloués à l’enseignement supérieur seront indexés, mais seulement à 90%. Rien de très grave, selon le Ministre Marcourt, puisque la première enveloppe de refinancement à hauteur de 10 millions arrivera prochainement. Mais si le Ministre tente de faire une pirouette en promettant un refinancement et en expliquant que d’autres secteurs sont plus à plaindre (c’est un fait, l’enseignement obligatoire et la culture…), il faut prendre du recul et surtout aborder cette annonce avec prudence.

Parce que réduire l’indexation, cela revient à diminuer encore les moyens alloués aux établissements qui, déjà sous-financés, peinent de plus en plus à remplir leurs missions d’enseignement, de recherche et de service à la société. On ne peut pourtant pas dire que les acteurs concernés ne se sont pas suffisamment mobilisés pour revendiquer un enseignement supérieur de qualité.

Alors que la situation dans l’enseignement supérieur devient de plus en plus critique, le Ministre Marcourt décide donc de couper dans les budgets spécialement prévus à la démocratisation, alors que le coût des études et le nombre de demandes de bourse ne cesse d’augmenter! L’aide à la réussite prend également un coup, pourtant le taux d’échec en première année est de plus de 55%! Quant aux budgets sociaux, le Ministre de l’Enseignement Supérieur leur réserve également un triste sort…

La FEF qui voit l’enseignement comme une réponse à la crise revendique depuis longtemps un refinancement public de celui-ci à hauteur de ses besoins. Une promesse pourtant faite par les autorités dans la Déclaration de Politique Communautaire. Alors pourquoi définancer aujourd’hui, si le Ministre entend réellement un jour donner à l’enseignement supérieur les moyens dont il a besoin? La question reste ouverte…

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