PLAN DE LUTTE CONTRE LA PRÉCARITÉ

RAPPORT DE LA CONSULTATION

Depuis de nombreuses années, la Fédération des Etudiant·e·s Francophones alerte sur le coût des études – compris entre 8.000 et 12.000 euros annuels – qui a de graves conséquences sur l’accessibilité de l’enseignement supérieur.

Selon l’étude de Sonecom et BDO sur les conditions de vie des étudiant·e·s de l’enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles, la précarité objective concerne plus d’un·e étudiant·e sur trois. Par ailleurs, notre sondage auprès de 7.700 étudiant·e·s en novembre 2020 indique que 32% des étudiant·e·s rencontrent, cette année, des di_ cultés supplémentaires à financer leurs études. Et pour cause : la même proportion des étudiant·e·s a partiellement ou complètement perdu son job étudiant en raison des mesures prises pour lutter contre la pandémie de Covid-19. Parmi elleux, 27% indiquent que cela a un impact direct sur leur capacité à payer leurs minerval et matériels de cours. Notons dès à présent que pour la FEF, contraindre l’étudiant·e à travailler pour financer le coût élevé des études est, au-delà des différences injustes qui persistent entre le statut des jeunes travailleur·euse·s et des jobbistes étudiant·e·s, une mesure qui renforce les inégalités à l’accès à l’enseignement et crée un cercle vicieux de l’échec et de l’abandon pour de nombreux·euses jeunes.

Après deux ans d’actions et de mobilisations, le mouvement étudiant a réussi à imposer la problématique de la précarité étudiante dans l’agenda politique du gouvernement. Ainsi, début décembre, la ministre de l’enseignement supérieur chargeait l’ARES1 de proposer des mesures concrètes pour lutter contre la précarité étudiante et des auditions sur cette problématique ont été réalisées au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il est urgent que ces initiatives soient concrétisées par l’adoption de mesures de lutte contre la précarité.

La FEF estime qu’un plan de lutte contre la précarité ne répondra aux besoins des étudiant·e·s que si celleux-ci ont voix au chapitre. Elle a donc lancé une consultation pour permettre aux étudiant·e·s de faire part de leur avis et de leurs priorités pour lutter contre la précarité.

La première observation qui doit être faite est que parmi les 5387 répondant·e·s, 93,3 % estiment qu’un plan de lutte contre la précarité est nécessaire (et parmi elleux, 73,4 % le classent à 5 sur une échelle de nécessité allant de 0 à 5).

Les répondant·e·s étaient par ailleurs invité·e·s à choisir un ou plusieurs domaine(s) prioritaire(s) sur lesquels se concentrer pour lutter contre la précarité. Le classement de ces domaines, par ordre décroissant de priorité, est le suivant:

  1. La diminution du minerval et du prix des matériels et supports de cours,
  2. La diminution des frais de logement et de transport,
  3. L’augmentation du montant des aides sociales,
  4. La lutte contre la précarité menstruelle,
  5. L’augmentation de l’accessibilité aux soins de santé,
  6. La diminution des frais alimentaires.

La plupart des mesures présentées dans ce plan sont de nature palliative et répondent à l’urgence de sortir de la précarité une partie de plus en plus importante de la population étudiante. Il est évident que, sur du plus long terme, il convient de mettre en place des politiques publiques qui préviennent les situations de pauvreté non seulement des étudiant·e·s, mais de l’ensemble de la population.


1 Académie de Recherche et d’Enseignement Supérieur


Vous pouvez télécharger le rapport de la consultation ici

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