Alors que les étudiants attendaient des mesures contre la précarité, la ministre répond par une réforme du décret Paysage

Communiqué du 1er mai 2021.

Alors que les étudiants attendaient de la ministre de l’Enseignement supérieur qu’elle défende des mesures ambitieuses pour lutter contre la précarité, celle-ci balaye la question et annonce l’avancée d’une réforme du décret paysage. Une insulte envers les centaines d’étudiants qui se sont mobilisés depuis des semaines en raison d’une précarité étudiante grandissante.
Depuis deux ans, la Fédération des étudiants francophones dénonce l’augmentation de la précarité étudiante. La crise sanitaire que nous traversons actuellement a renforcé ce phénomène et a démontré toute l’importance d’adopter des mesures ambitieuses pour lutter contre la précarisation des étudiants. Jusqu’à la semaine passée, des centaines d’étudiants se sont mobilisés chaque mercredi pendant 6 semaines consécutives pour revendiquer la mise en place d’un plan de lutte contre la précarité.
Par conséquent, les étudiants attendaient beaucoup des conclusions des négociations gouvernementales sur les budgets. Ils ont d’ailleurs été près de 300 à envoyer des e-mails aux membres du gouvernement pour rappeler l’ensemble de leurs demandes.
Il est évident, à la lumière des annonces de ce jour de la ministre, que les étudiants n’ont pas été entendus. Pire, ce fut une gifle pour les 80 000 étudiants en situation de précarité. En effet, le gouvernement annonce des potentielles mesures pour le budget de 2022. A la place, la ministre annonce l’avancée d’une réforme du décret paysage dont les prémisses ne laissent présager d’aucune amélioration.
La Fédération dénonce la volonté de la ministre de bloquer la progression des étudiants s’ils ne valident pas leur 60 crédits de première année et leur exclusion du système d’enseignement supérieur s’ils ne valident pas l’ensemble de ces crédits au bout de deux années.
Cette mesure est injuste car elle impactera directement les étudiants les plus précarisés. En effet, les chiffres de la réussite dévoilés chaque année par les établissements indiquent des taux de réussite moins élevés chez les étudiants boursiers que chez les étudiants non-boursiers.
Il est plus que temps de répondre à la précarité étudiante. Le gouvernement doit prendre des mesures pour permettre et garantir l’accessibilité à l’enseignement supérieur. La Fédération continuera à se mobiliser, n’en déplaise au gouvernement et à la ministre.

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