Pourquoi la FEF soutient les actions syndicales sur l’AIP ?  

Depuis plusieurs mois, les syndicats se mobilisent pour dénoncer le contenu des négociations sur l’AIP.  

L’AIP c’est quoi ?   

L’accord interprofessionnel est le résultat des négociations menées entre les représentant·e·s des employeur·euse·s et celleux des travailleur·euse·s sur les augmentations salariales des deux prochaines années. L’AIP découle de la loi de 1996 sur la promotion de l’emploi et à la sauvegarde préventive de la compétitivité. Il est négocié par le groupe des 10, réunissant fédérations patronales et syndicats.  

Pourquoi ça bloque ?  

Cet accord prévoit que l’augmentation salariale ne peut dépasser 0,4 % dans les entreprises et ce, même si elles ont fait des bénéfices importants. Pour les syndicats, ce pourcentage est évidemment indécent. En effet, la crise n’a pas eu le même effet sur tous les secteurs économiques. Les chaînes de magasins dits essentiels, les usines, les firmes pharmaceutiques et les banques ont, majoritairement, vu leurs bénéfices augmenter grâce au travail de leur salarié·e·s. A titre d’exemple, le groupe Delhaize enregistre un bénéfice de 693 millions d’euros contre 334 l’année passée. Une grosse différence. Pourtant, le salaire des employé·e·s de la chaine de supermarché n’évoluera que de quelques euros (environ 6 euros par mois). Dans le même temps, les dividendes des actionnaires du groupe ont augmenté de 18% cette année. Là aussi, grosse différence.   

Le problème émane de la loi de 1996, vivement critiquée par les syndicats car elle impose le calcul de la marge salariale et empêche la liberté des négociations au sein de chaque entreprise, ce qui permettrait pourtant de prendre en compte la réalité de chacun·e.   

Depuis les premières mobilisations en front commun FGTB-CSC de février et mars, le gouvernement, qui a été investi du dossier, a fait une proposition de chèques consommation aux syndicats. Ces chèques pourraient être négociés dans chaque secteur, uniquement pour le privé, en fonction du chiffre d’affaires de l’entreprise avec un plafond à 500 €. Ils ne seraient versés qu’une seule fois en 2021 ou 2022. Cela ne convient pas aux syndicats pour qui ces primes one shot ne constituent pas une réelle augmentation durable du pouvoir d’achat des ménages. De plus, ces 500 € sont déductibles fiscalement pour les employeurs et ne renforceront donc pas les caisses de la sécurité sociale.  

3 bonnes raisons de soutenir les syndicats    

La FEF soutient les actions syndicales, dont celle du 19 mai.   

Premièrement, car il est important, pour la Fédération, de s’associer aux organisations qui militent pour un monde plus juste, plus solidaire et plus équitable. L’unité du mouvement social, dont le mouvement étudiant fait partie intégrante, permet d’améliorer les conditions de vie de l’ensemble de notre société grâce à son rapport de force. Ensemble, nous sommes plus fort·e·s. Cette unité est d’autant plus pertinente que la FEF se bat depuis plus de 2 ans contre la précarité qui touche aussi bien les étudiant·e·s que les travailleur·euse·s. 

Deuxièmement, car soutenir ces actions, c’est contribuer à améliorer la vie future des étudiant·e·s. Pour cause, iels sont les travailleur·euse·s de demain et bénéficieront des victoires syndicales qui tendent vers de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail.   

Troisièmement et pour finir, la Fédération défend un enseignement accessible à tou·te·s. En sachant que beaucoup d’étudiant·e·s bénéficient de la solidarité familiale pour payer leurs études, une augmentation salariale aura un impact positif direct sur les ressources des étudiant·e·s. Elle permettra, par ailleurs, de renforcer les caisses de l’Etat et par conséquent de refinancer les services publics dont l’enseignement.   

C’est pour une société plus juste, plus équitable et plus solidaire que nous rejoignons et apportons une nouvelle fois notre soutien aux actions syndicales de ce 19 mai.  

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