La FEF s’oppose à un concours en médecine et appelle à repenser la planification de nos soins de santé

Communiqué du 5 Juin 2021


Depuis 2 semaines le débat autour de la sélection et de l’attribution des numéros INAMI est revenu sur la
table du gouvernement. La Fédération des étudiants francophones rappelle son opposition ferme à un
concours à l’entrée des études de médecine et appelle à repenser le système de planification des soins de
santé en Belgique, face à la pénurie de médecin.

L’épineuse question des numéros INAMI et des filtres à l’entrée des études de médecine revient chaque année
sur la table du gouvernement fédéral. Force est de constater, qu’après avoir vécu pendant 14 mois, et de plein
fouet, la crise sanitaire, le gouvernement De Croo entend continuer la politique de restriction des numéros
INAMI et de désinvestissement des soins de santé par la mise en place d’un concours de sélection à l’entrée
du cursus de médecine. La FEF ne peut que s’opposer à cette logique, tant sur le concours que sur la logique
globale de restrictions de l’accès à la profession, éloignée des réalités rencontrées par les citoyens où
accessibilité et qualité des soins de santé ne font que diminuer.
A nouveau, nous sommes face à un paradoxe absurde : celui de sélectionner et filtrer les futurs médecins en
temps de pénurie avérée. Chaque année ce sont entre 3 000 et 4 000 étudiants qui présentent l’examen
d’entrée avec un taux de réussite de seulement 20%. Ce sont donc des milliers d’étudiants qui ne peuvent
commencer ces études, alors même qu’aujourd’hui pour 3 médecins généralistes partant à la retraite seul un
médecin est formé pour le remplacer. La médecine générale n’est pas la seule à être touchée par cette
pénurie, c’est également le cas de la rhumatologie, la psychiatrie, la gériatrie et l’oncologie. Face à cette
urgence il est nécessaire de former de nouveaux médecins, renforcer la médecine de première ligne et
revaloriser la médecine générale.
Enfin en instaurant un concours à l’entrée des études de médecine, le filtre social déjà imposé par l’examen
d’entrée est renforcé. Tous les étudiants ne sont pas égaux face à ces tests ainsi un étudiant qui a des parents
universitaires, a été dans une « bonne école » ou qui vient d’un milieu privilégié aura plus de chance de réussir
cet examen. On ne peut accepter que l’accessibilité de l’enseignement supérieur soit déterminé par le milieu
socio-économique dont les étudiants sont issus.
Il est temps d’arrêter les débats communautaires et les chantages politiques lorsqu’il s’agit de mettre en
place des politiques de soins de santé pour l’ensemble de la population belge. C’est pourquoi la FEF
demande à repenser la planification de notre système de soins de santé afin de garantir à chaque citoyen
un accès à des soins de qualité.

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